Dixit, un spectacle inédit du Béjart Ballet en Belgique

Ph. Gregory Batardon

Le Béjart Ballet revient en Belgique avec un spectacle inédit: Dixit. Cinéma et spectacle vivant se mêlent sur scène, dans une création unique. Dixit retrace l’œuvre de Maurice Béjart et l’histoire de sa compagnie à travers plusieurs extraits de ses ballets et de ceux de son successeur, Gil Roman. Il sera présenté les 22 et 23 février à Charleroi.

Référence absolue dans le monde chorégraphique, le Béjart Ballet Lausanne sera de retour en Belgique à la fin du mois avec un spectacle inédit qui mélange la danse, bien sûr, le cinéma et le théâtre. Conçu comme un hommage total à Maurice Béjart, Dixit dévoile comme jamais auparavant l’éventail artistique du chorégraphe mais aussi les facettes de sa personnalité.

«Ce n’est pas un ballet», prévient d’emblée Gil Roman. C’est une création inédite, un «mélange des disciplines pour qu’elles ne fassent plus qu’une», complète Marc Hollogne, le metteur en scène belge. Danse, cinéma et théâtre interagissent pour créer un tout unique.

Marc Hollogne mêle les arts, mais aussi les temporalités. Le Belge a passé une année, en 1989, caméra au poing dans l’intimité de la compagnie et au plus près du travail du chorégraphe. Il en a tiré des images, matériau de base à partir duquel il a conçu le scénario de Dixit. Dans cette aventure expérimentale et poétique, les danseurs partagent la scène avec sept écrans en mouvement. Un travail millimétré à la microseconde près pour que la magie opère. Ces écrans nous offrent un dialogue inédit entre Maurice et les danseurs de la troupe actuelle.

On découvre d’abord Maurice, enfant. Le spectacle dévoile les coulisses du chorégraphe: son enfance, sa famille, sa fêlure quand il perd sa mère. Le jeune homme qu’il devient, et puis Maurice, le chorégraphe. Dixit nous emmène dans sa pensée, ses découvertes musicales, son émerveillement.

Ph. Gregory Batardon

«Maurice aurait aimé ce spectacle»

Dixit, c’est l’ambition d’amener un nouveau public à découvrir Maurice Béjart, disparu en 2007, et sa palette chorégraphique. C’est aussi l’ambition de les faire voir différemment à ceux qui les connaissent déjà. Avec Marc Hollogne à la mise en scène et Gil Roman, à la direction artistique, ce cinéma-danse-théâtre de 90 minutes nous plonge dans les questionnements et les inspirations de Maurice Béjart.

«Quand Marc est arrivé pour me présenter tout ça, je me suis dit que Maurice aurait aimé ce spectacle. Ce mélange entre cinéma, théâtre et danse, c’est quelque chose qui lui correspond tout à fait», assure Gil Roman. Passionné de théâtre et de cinéma, Maurice s’est écarté des mots et la danse l’a finalement emporté. Dixit met parfaitement en scène cette dialectique entre ces langages, entre le verbe le ballet.

«Quand on va voir un ballet, on voit une chorégraphie. Là c’est autre chose», enchaîne le directeur artistique. «C’est un objet très particulier. On peut avoir vu tous les spectacles de Maurice, quand on va aller voir Dixit, on va encore découvrir Maurice, on va le découvrir plus profondément, et c’est ça que je trouve vraiment passionnant.» Car Dixit est un voyage à travers une œuvre foisonnante, mais c’est aussi une porte ouverte sur la personnalité de Maurice. «On sent les questionnements de Maurice qui font écho en nous», souligne encore le danseur. «Il parle des religions, de l’écologie… de beaucoup de sujets qui nous questionnent. Ce spectacle montre à quel point Maurice ne se laissait pas enfermer».

Inspiration humaniste

«Dans Dixit, on retrouve ce Maurice disait: ‘ça ne fait qu’un. Un pays ça n’existe pas, un drapeau n’a aucun sens’. Il s’étonnait que les religions puissent encore causer des conflits. C’était un homme qui avait une résilience naturelle pour tout», se souvient Marc Hollogne. «Il a aimé toutes les musiques, toutes les religions et toutes les cultures. C’est important de dire ça sur scène. C’est une fête Dixit, c’est une fête humaniste.»

Si le spectacle met en scène la disparition du maître et les adieux de sa compagnie, il célèbre surtout son renouveau autour de Gil Roman, avec deux extraits de ses ballets. «Le coup de génie final de son existence», c’est d’avoir fait de Gil son passeur, soutient Marc Hollogne. Héritier et passeur, Gil Roman n’en est pas moins créateur. Il insuffle une inspiration nouvelle à la compagnie par ses créations propres depuis plus de dix ans. Une complémentarité incarnée dans Dixit? «Gil monte les ballets de Maurice mieux que Maurice lui-même le faisait. Et ses ballets à lui nous offrent un final qui monte… Les gens sont scotchés», poursuit le metteur en scène. «La plus belle réussite avec Dixit, c’est d’avoir traversé toute la vie de Maurice, de manière superficielle mais suffisamment puissante, et d’avoir montré que si ça tient debout aujourd’hui, c’est parce qu’il y a quelqu’un qui a ça sur les épaules. L’épaule droite, c’est Maurice et puis la gauche, c’est la sienne. Et ça, c’est exemplaire».

Oriane Renette

Dixit sera présenté les 22 et 23 février au Palais des Beaux-Arts de Charleroi

Informations pratiques

DIXIT, par le Béjart Ballet Lausanne

Direction artistique: Gil roman

Chorégraphies: Maurice Béjart, Gil roman

Scénario & mise en scène: Marc Hollogne

Spectacle inédit présenté pour la première fois en Belgique. Trois séances exclusives au Palais des beaux-arts de Charleroi: le samedi 22 février à 20h00 et le dimanche 23 février à 14h30 et 18h00.

Tickets disponibles sur gracialive.be, fnac.be et dans les points de vente habituels.