Montée des eaux : voici à quoi pourrait ressembler la Belgique en 2100

Ce 10 février, l’Agence européenne de l’environnement (AEE) a publié un rapport sur les impacts du changement climatique en Europe. Une carte montre notamment comment la montée des eaux menace la Belgique dans les prochaines décennies.

Inondations, sécheresses, pluies et feux de forêts, le nouveau rapport de l’AEE montre quels impacts auront ces phénomènes sur le continent européen au cours des prochaines décennies. Le rapport prévoit par exemple une importante hausse des précipitations en automne et en hiver (jusqu’à + 35 %) entraînant ainsi de plus en plus d’inondations. Le sud de l’Europe ainsi que le centre et l’ouest du continent seront notamment affectés par des périodes de sécheresse de plus en plus longues et fréquentes. Ces régions seront ainsi fortement touchées par les feux de forêts.

Bruges, Gand et Anvers menacées

La Belgique n’échappera pas aux impacts du changement climatique, bien au contraire. Dans son rapport, l’Agence européenne de l’environnement a publié une carte montrant l’impact d’une montée des eaux allant de 1m (en bleu clair) à 6m (en bleu foncé). La côte belge et des villes comme Bruges, Gand et Anvers sont particulièrement menacées par la montée du niveau de la mer.

Les Pays-Bas, le nord-ouest de l’Allemagne, les côtes danoises et le sud de la Suède seraient également fortement touchés par une élévation du niveau des océans. Plus au sud de l’Europe, les côtes de l’ouest et du sud de la France ainsi que le nord-est de l’Italie sont aussi extrêmement menacées. Des villes comme Naples, Venise, Barcelone ou Nantes pourraient disparaître de la carte.

« Ces zones vont être inondées de manière permanente »

« En l’absence de toute protection côtière et si le niveau de la mer monte dans les proportions prévues, ces zones vont être inondées de manière permanente au cours des siècles à venir. Néanmoins, l’inondation temporaire de ces régions pourrait survenir beaucoup plus tôt à cause des effets combinés de l’élévation du niveau moyen de la mer, des vagues et des tempêtes », avertit l’AEE.

« Nous devons nous préparer aujourd’hui à prévenir la disparition de régions entières. Plus nous attendrons, plus dur sera l’impact », a plaidé le député européen Pascal Canfin, qui préside le comité pour l’environnement au sein du Parlement européen. Il a appelé les États-membres à prendre des mesures d’adaptation dès aujourd’hui et à tester la résilience des différentes régions face aux turbulences que représenteront ces changements.

Même en cas d’efforts, il y aura des conséquences

D’après l’AEE, les actions entreprises par les différentes instances pourraient atténuer quelque peu l’impact du changement climatique. Cependant, l’agence estime qu’il y aura bien des conséquences relativement importantes, quand bien même les efforts se révélaient efficaces.

Selon le dernier rapport spécial du Giec sur les océans et la cryosphère, la hausse du niveau des océans atteindrait entre 30 et 60 cm en 2100, même en cas de forte réduction des gaz à effet de serre et de limitation du réchauffement mondial nettement sous la barre des 2°C, et entre 60 et 110 cm si rien n’est fait pour freiner les émissions.