Spentys, quand entreprenariat et impact sociétal s’allient

Young Grads

Lancée en 2015, l’initiative Young Talent in Action (YTiA) a pour objectif de trouver des solutions afin de supprimer les obstacles entre l’offre et la demande de travail chez les jeunes. En multipliant notamment les interactions entre ces derniers et le monde professionnel, politique et de l’enseignement. Depuis, de nombreux jeunes talentueux désireux d’investir dans leur avenir ont profité de cette initiative. Parmi ceux-ci : Louis-Philippe Broze, ambassadeur de Young Talent in Action.

Comment rendre le port d’un plâtre plus agréable ? Lourds, encombrants, non-résistants à l’eau… Porter un plâtre est vraiment handicapant au quotidien. C’est à partir de ce constat que Louis-Philippe Broze et son acolyte Florian De Boeck ont fondé Spentys, une start-up spécialisée dans l’impression 3D d’orthèses sur-mesure. Le principe est assez simple. Après un scan en 3D du membre du patient à traiter, un logiciel développé par la start-up crée une attelle digitale unique, résistante et légère, qui est imprimée en 3D. « Quand nous avons eu l’idée de monter une boîte, nous voulions le faire dans la mobilité, l’énergie ou le médical. Nous trouvions ces secteurs plus intéressants surtout parce qu’ils pourraient avoir un impact », explique Louis-Philippe Broze.

Après de nombreuses heures de réflexion avec son associé, l’idée leur est finalement venue. « Nous avons brainstormé pendant des jours et des semaines. Puis un jour, nous avons pensé aux plâtres. Ils sont lourds, ils grattent, ils ne peuvent pas aller sous l’eau et ils ne sont pas recyclables et cela n’a pas changé depuis des années. En plus, ils puent (rires). En y pensant, nous nous sommes dit que de meilleures technologies existaient forcément. Et c’est comme cela que nous nous sommes lancés ».

Être son propre patron

Il faut dire que depuis qu’il est tout petit, Louis-Philippe Broze aime l’idée d’être son propre patron. Déjà en secondaire, il participait aux projets de mini-entreprises de son école. « Le fait de pouvoir être son propre patron m’a toujours plu. C’est quelque chose qui m’anime depuis la 4e secondaire je dirais… Nous avons aussi fait deux fois les mini-entreprises en 5e et en rhéto avec mon associé. Je ne viens pas d’une famille d’entrepreneurs, les parents de Florian non plus. C’est vraiment une volonté d’avoir un impact direct sur la société, et puis le mode de vie fonctionne mieux avec nos caractères au niveau de la flexibilité notamment ».

Et si cette volonté d’avoir un impact est toujours là et les fait avancer, il est plus difficile de la communiquer à leurs parents qui s’inquiètent pour eux. Surtout que les deux fondateurs de Spentys n’ont pas fini leurs études à cause de la start-up. « J’ai eu mon bachelier. Puis nous avons commencé Spentys en Master 1, nous l’avons réussi et puis nous avons validé la moitié de nos crédits en Master 2. Nous avons recommencé l’année passée, mais nous en sommes arrivés à un point où Spentys prenait trop d’ampleur et les études n’étaient pas notre priorité. Mes parents se sont réellement inquiétés quand nous avons arrêté les études. Et puis nous avons reçu un peu d’argent des investisseurs, donc ça les a calmés, mais ils sont toujours un peu fâchés à propos de ça (rires). De toute façon mes crédits sont validés à vie donc si Spentys plante, je referai ma dernière année d’étude ».

S’internationaliser

Mais pas question de s’arrêter pour le moment, tant Spentys semble être parti sur de bons rails. En avril dernier, la start-up a en effet levé 750.000€ pour s’implanter aux Pays-Bas et en Suisse. Une belle somme, qui ne freine en rien les ambitions de son fondateur qui voit plus loin. « À court terme, dans les six prochains mois, nous voulons lever encore de l’argent et aider de plus en plus de patients et de médecins. Nous souhaitons également nous focaliser sur une internationalisation, surtout aux Pays-Bas, en Suisse et au Luxembourg. Après, à moyen terme, à partir de mi-2020, internationaliser Spentys dans toute l’Europe, au Moyen-Orient et aux États-Unis. À long terme, nous voulons vraiment avoir un impact global ».

« Il n’y a plus d’excuse »

Après trois ans d’entreprenariat, Louis-Philippe Broze constate en tout cas que de nombreuses choses sont faites dans notre pays pour venir en aide aux jeunes entrepreneurs. « L’entrepreneuriat, c’est devenu un buzzword, c’est positif parce que cela devient plus accessible. Mon conseil à quelqu’un qui veut se lancer ? Quand tu es jeune, que tu n’as pas de ménage, de maison à rembourser, etc., tu peux prendre plus de risques. Il n’y a plus d’excuse en 2020, à Bruxelles, dans notre état providence, pour ne pas entreprendre. C’est impossible de ne pas trouver de financement ou de gens qui soutiennent les idées novatrices. L’État n’a jamais autant investi dans les événements, les financements de start-up, et les incubateurs. Si tu as une idée, fais-le », conclut-il.