Être son propre patron, endosser ses propres responsabilités

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Vous êtes étudiant(e), la vie est belle et vous devez rendre des comptes à relativement peu de personnes ! Mais, au fur et à mesure que la date d’obtention de votre diplôme approche, vous n’êtes plus aussi enthousiaste. Vous allez devoir bientôt vous engager dans le monde du travail et en moins de temps qu’il ne faudra pour le dire vous serez coincé(e) dans la vie professionnelle. Devenir votre propre patron est très séduisant dans des moments pareils. Voici un certain nombre de points importants dont il faut tenir compte.

1. Entre stress et culot

Être votre propre patron, déterminer vos heures de travail, fixer vos propres tarifs…, c’est très beau sur papier, mais il y a aussi un revers de la médaille au statut d’indépendant(e). À quelques exceptions près, vous vivez en effet de mission en mission. Ce qui signifie que vous devez à chaque fois décrocher de nouveaux clients, si vous ne voulez pas vous retrouver sans revenus. Vous devez avoir l’indispensable culot pour solliciter les gens et constituer votre réseau. Assistez à des événements, présentez-vous à des gens et convainquez-les de vos compétences. Les médias sociaux comme LinkedIn et Instagram sont aussi devenus indispensables pour les indépendants.

2. Les petits caractères

L’école nous prépare encore toujours majoritairement à une carrière « classique ». C’est-à-dire: un job avec un salaire fixe, la sécurité sociale et des avantages extralégaux. Il n’en va toutefois pas de même quand vous êtes indépendant(e). Vous êtes votre propre patron, ce qui signifie aussi que vous portez seul(e) la responsabilité de votre « entreprise ». Pas de travail équivaut à pas de salaire. Si vous avez lancé votre propre entreprise après l’obtention de votre diplôme et que vous stoppez cette activité d’indépendant(e) avant l’âge de 30 ans, vous pouvez alors faire compter cette période en tant qu’indépendant(e) dans votre stage d’insertion professionnelle (310 jours) et recevoir une allocation d’insertion.

Si vous tombez malade, vous n’êtes alors pas payé(e). Vous partez autant de fois que vous le voulez en vacances, mais tenez alors bien compte du fait que pendant votre absence vous ne travaillez pas et vous n’aurez donc pas de rentrées d’argent. De plus, aucun employeur n’est garant de votre pension, c’est dès lors une bonne idée de commencer le plus vite possible à économiser via l’épargne pension et l’épargne à long terme.

3. Tracasseries administratives

Pour pouvoir devenir indépendant(e), vous devez aussi régler toutes sortes de choses d’ordre administratif. Vous devez demander un numéro d’entreprise, enregistrer votre numéro de TVA, vous affilier à une caisse d’assurances sociales, si nécessaire mettre en ordre vos permis ou accès à la profession… En tant que starter, tout cela n’est pas évident et il est aussi conseillé d’avoir un bon comptable afin d’éviter les surprises par la suite. Car il y a de fortes chances que vous n’ayez jamais entendu parler de « déclaration trimestrielle » et établir une facture n’est pas non plus une partie de plaisir la première fois.

Comme on l’a dit précédemment, pensez également à vous couvrir autant que possible contre les risques professionnels, à souscrire une bonne assurance maladie, une épargne pension, à vous procurer le matériel nécessaire pour développer votre activité… Tout cela coûte de l’argent mais en tant qu’indépendant(e), vous pouvez déclarer bon nombre de ces montants comme frais professionnels. Les novices n’ont généralement qu’une vague idée de ce qui est possible ou pas, donc une personne qui vous aide sur le plan administratif en vaut plus que la peine

4. Autres options

Vous voulez tenter votre chance en tant qu’indépendant(e), mais vous voulez limiter vos propres risques là où c’est possible ? Bonne nouvelle, car il y a encore d’autres options (pour la plupart des catégories professionnelles). Vous pouvez ainsi choisir de devenir indépendant(e) complémentaire, à condition d’être occupé(e) au minimum à mi-temps auprès d’un employeur. Une solution pratique si vous n’avez pas encore tellement de clients ou si vous n’avez pas encore pris une décision définitive. Vous êtes ainsi assuré(e), du moins en partie, d’avoir un revenu et vous devez aussi payer moins de cotisations sociales.

Tout le monde n’a bien évidemment pas le luxe de disposer d’un job à mi-temps. Dans ce cas, vous pouvez vous affilier à un service de payroll comme Tentoo ou à une coopérative comme Smart.be. Ceux-ci agissent en tant qu’agence intérim entre vous et votre client, si bien que vous exécutez le travail en indépendant(e) mais que vous disposez du statut d’employé(e). Avec tous les avantages et les inconvénients que cela comporte. Vous devez en effet leur consentir un pourcentage de vos revenus et vous pouvez déclarer moins de frais, mais en échange vous avez une plus grande sécurité. Chaque jour presté vous rapproche d’une allocation de chômage, vous vous constituez des droits à la pension, vous avez, dans certains cas, droit à des congés payés et des congés de maladie, vous recevez un salaire à brève échéance,…