Tout savoir sur l’orgasme féminin

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Chez l’homme, c’est simple… Une éjaculation est pratiquement toujours précédée d’un orgasme. La jouissance féminine, par contre, est plus complexe que cela. Atteindre le sommet du plaisir est souvent le résultat d’une savante alchimie entre physiologie et psychologie. Connaître son corps et aussi important que mettre le doigt sur ses envies.

Combien de temps faut-il pour atteindre l’orgasme?

En moyenne, il faut près de 13 minutes et 25 secondes aux femmes pour avoir un véritable orgasme, selon une nouvelle étude. L’Institut indien des sciences médicales Kadave a en effet demandé à 645 femmes hétérosexuelles de 21 pays, vivant une relation à long terme, d’enclencher un chronomètre lorsqu’elles se sentaient sexuellement excitées et de l’arrêter lorsqu’elles atteignaient le paroxysme. Si une participante sur six n’a pas atteint l’orgasme, le temps nécessaire pour les autres a varié de 5 minutes et 42 secondes à un peu plus de 21 minutes.

Selon les résultats de cette étude parue dans The Journal of Sexual Medicine, le fait que ce soit un jeune ou un vieux couple n’a pas d’effet significatif sur le timing des orgasmes. La difficulté reste donc d’accorder les violons, puisqu’une étude menée en 2009 a démontré que le temps moyen nécessaire à l’orgasme chez les hommes n’était que de… six minutes. De son côté, l’Université de Genève a révélé que l’orgasme féminin était accompagné de trois à 15 contractions involontaires des muscles pelviens, et que cela pouvait donc durer de 3 à 26 secondes.

Le clitoris, un point de non-retour?

La grande majorité des femmes américaines plébiscitent la stimulation clitoridienne pour atteindre l’orgasme, selon des chercheurs de l’Indiana University School of Public Health-Bloomington. Cette étude nationale, intitulée ‘OMGYES Sexual Pleasure Report’ a recueilli les expériences sensorielles de 1.055 Américaines âgées de 18 à 94 ans dont 50% de femmes mariées. Concernant leurs habitudes sexuelles, 67,4% ont déclaré avoir eu des relations avec pénétration vaginale, 51,1% ont pratiqué le sexe oral (cunnilingus) et 67,2% ont été stimulées (vulve, vagin) par leur partenaire.

D’après les résultats, la stimulation clitoridienne est un précieux sésame pour atteindre l’orgasme ou le rendre plus intense: 36,6% des femmes interrogées ont déclaré que la stimulation clitoridienne était nécessaire pour atteindre l’orgasme, et 36% ont indiqué que leur orgasme était de meilleure qualité si leur partenaire avait stimulé leur clitoris. 18,4% ont confié que la pénétration vaginale suffisait pour atteindre le nirvana.

Dans l’art et la manière de stimuler leur clitoris, les deux styles de toucher appréciés par plus de la moitié des participantes à l’enquête étaient le toucher du «haut vers le bas» (63,7%) et des mouvements circulaires (51,6%). Enfin, la grande majorité des femmes préfèrent des pressions légères à modérés avec un mouvement qui alterne les rythmes autour du clitoris (75%).

L’orgasme féminin, ce vestige de l’évolution

À quoi sert l’orgasme féminin? Selon des chercheurs américains, il aurait joué un rôle prépondérant dans le déclenchement de l’ovulation chez nos très lointains ancêtres, avant de perdre cette fonction et devenir uniquement une source de plaisir. Depuis l’Antiquité, l’orgasme féminin intrigue les spécialistes qui ont tenté, sans grand succès, d’expliquer son rôle, alors que, comme le notait déjà Aristote, les femmes peuvent concevoir sans rien ressentir. Chez les hommes en revanche, l’orgasme est nécessaire pour l’éjaculation et le transfert de sperme.

Pour comprendre l’origine de l’orgasme féminin, Gunter Wagner de l’université Yale et Mihaela Pavlicev de l’hôpital des enfants de Cincinatti se sont intéressés à la décharge de prolactine et d’ocytocine dans le système sanguin qui accompagne l’orgasme féminin. Il y a 60 à 65 millions d’années, cette libération d’hormones réflexe jouait un rôle dans l’ovulation chez la plupart des femelles mammifères, selon Gunter Wagner. Mais par la suite, certains mammifères ont évolué vers une ovulation cyclique, rendant l’orgasme superflu.

Les chercheurs ont également découvert que la position du clitoris s’était éloignée du vagin chez les mammifères à ovulation spontanée comme l’être humain, rendant la stimulation plus difficile lors du rapport sexuel. «Ceci peut expliquer pourquoi certaines femmes parviennent à l’orgasme grâce à la masturbation ou à la stimulation clitoridienne», notent les chercheurs dont les travaux sont publiés dans la revue Journal of Experimental Zoology. S’il ne sert plus à l’évolution, l’orgasme peut avoir d’autres fonctions, comme celui de «favoriser une liaison affective», estiment-ils.

Oui, mais c’est quoi l’orgasme?

Entre le cerveau et l’orgasme, la ligne est directe. C’est en effet le système limbique qui va créer cette sensation de plaisir total grâce à de nombreux neurotransmetteurs comme la dopamine, les endorphines, l’acétylcholine, etc. Durant l’orgasme, le visage se déforme, la peau se met à rougir, le sang est suroxygéné par la respiration qui s’accélère, et les battements du cœur peuvent atteindre entre 110 et 180 pulsations par minute. Par ailleurs, l’utérus se contracte en rythme une quinzaine de fois, tandis que le sphincter rectal fait de même de deux à cinq fois. L’énergie libérée pendant l’orgasme permet de produire les fameuses «molécules du bonheur» que peuvent être les endorphines, et d’apaiser maux de ventre, migraines et autres tensions cumulées durant la journée.

En douceur et profondeur?

Techniquement, la zone la plus sexuellement sensible chez la femme se trouve à 4-5cm de l’entrée du vagin, sur sa face antérieure. C’est donc le mouvement de va-et-vient qui va stimuler cette zone. C’est en effet là que se nicherait le fameux point G (ou zone Grafenberg, ou fascia d’Halban), déclencheur de l’orgasme, qui provoquerait chez certaines femmes la sécrétion d’un liquide incolore lors de ce qu’on appelle «l’éjaculation féminine». Ce n’est malheureusement pas un simple bouton on/off.

Néanmoins, une pénétration profonde peut entraîner chez la femme une plus grande sensation de plénitude par ce sentiment de fusion avec le partenaire. Un contact avec le fond du vagin peut également être un déclencheur chez certaines, mais aussi une douleur chez d’autres.

Si presque toutes les femmes sont clitoridiennes, elles sont toutefois un bon pourcentage à ne pouvoir atteindre l’orgasme que par la pénétration vaginale. D’autres n’y accèdent pas du tout par cette voie-là, même si elles en sont physiologiquement capables. Chez la femme, l’excitation érotique est en effet objective et… subjective. L’important est de bien comprendre son corps, de mieux cerner ses désirs, de ne pas oublier les préliminaires afin de mieux stimuler les zones érogènes et s’abandonner plus facilement.

En position!

Outre les stimulations clitoridiennes et vaginales, d’autres zones telles que les mamelons et les glandes péri-urétrales peuvent donc jouer un grand rôle, tout comme les zones plus ou moins érogènes selon les femmes (nuque, cuisses, oreilles, mains…). Mais la position durant l’acte sexuel est prépondérante. L’Andromaque notamment (la femme à califourchon sur le partenaire allongé) permet de stimuler clitoris et point G, et de mener la danse tout en offrant la poitrine aux caresses. Ou encore le grand classique du Kamasutra qu’est la levrette et qui permet une pénétration plus profonde.