Auschwitz a attiré plus de deux millions de visiteurs l’an dernier

AFP / P. Gonzalez

L’an dernier, le musée-mémorial d’Auschwitz a accueilli plus de 2,3 millions de visiteurs, un record. Chaque jour, des dizaines de cars déversent leur flot de visiteurs provenant du monde entier devant les portes du tristement célèbre camp de concentration et d’extermination nazi. Beaucoup de ses visiteurs sont des jeunes européens, élèves ou étudiants, qui viennent découvrir de visu la Shoah qu’ils ont étudiée lors de leurs cours d’Histoire.

Immuable, la visite débute par le camp d’Auschwitz I, le camp souche, reconnaissable par son lugubre portique «Arbeit macht frei» (Le travail rend libre) et ses sinistres blocs. Après avoir passé le contrôle de sécurité et les détecteurs de métaux, les visiteurs sont accompagnés par des guides du musée, multilingues, qui leur expliqueront en détails la machine d’anéantissement des nazis.

Les mines sont graves, le regard inquiet et malgré la présence de dizaines de visiteurs déambulant dans l’ancien camp, le silence et le respect sont la règle générale car Auschwitz n’est pas une «attraction» comme les autres mais un lieu de mémoire et surtout la sépulture de plus d’un million de personnes.

Auschwitz I et II

A Auschwitz I, le premier camp créé sur le site en 1940 pour accueillir des opposants, résistants et prisonniers politiques, les visiteurs découvrent rapidement la machine de destruction, très bien huilée, mise en place par l’appareil dirigeant nazi. Tas de cheveux, valises de déportés, chaussures, lunettes ou châles de prière juifs, rappellent aux visiteurs qu’en dehors des chiffres monstrueux du massacre, ce sont avant tout des humains que l’on a ramené ici de toute l’Europe pour finir en cendres.

La visite d’Auschwitz I, c’est aussi la découverte de la vie quotidienne des déportés et des travailleurs forcés dont le destin se résumait à subir le joug nazi et à vivre au jour le jour avec la faim au ventre, l’humiliation, les coups, la torture.

Après avoir plongé une première fois dans l’horreur concentrationnaire, les visiteurs se rendent ensuite à Auschwitz II ou plus communément appelé Birkenau, ouvert en 1942, le lieu de l’extermination de plus d’un million de Juifs.

Sur la vaste plaine marécageuse de Birkenau, dont l’emblème est la porte de la mort où arrivaient les trains, les visiteurs se rendent compte de l’immensité du massacre: sur 170 hectares, des milliers de travailleurs esclaves ont été détenus dans des conditions sordides et plus d’un million de personnes y ont été gazées et brûlées, souvent dès leur arrivée.

Machine de destruction

La «rampe» de débarquement et de sélection, aujourd’hui silencieuse et vide, laisse encore planer le souvenir du passage de milliers d’hommes, de femmes, de personnes avec un handicap et de vieillards dont le sort était la mort et l’oubli dans les flammes des crématoires. En groupes, les visiteurs découvrent cette machinerie de la destruction avec pour point d’orgue les chambres à gaz détruites par les Allemands lors de leur déroute. Seul le vent et quelques aboiements de chiens au loin, troublent le silence. Parfois, quelques visiteurs juifs récitent des louanges en hébreu. Certains visiteurs déposent des fleurs ou encore une bougie en hommage à un être cher ou tout simplement pour les victimes anonymes.

Découvrir Auschwitz ne laisse personne indifférent. Ce site rappelle ce que l’Homme est capable d’infliger à ses semblables et le souvenir est le gage que cela ne se reproduise plus.

Plus d’1,3 million de personnes ont été déportées vers Auschwitz. Environ 1,1 million de personnes y sont mortes dont un million de Juifs, des Polonais, des Tziganes, prisonniers de guerre soviétiques et des résistants provenant de toute l’Europe occupée.

Le site d’Auschwitz-Birkenau a été préservé dès 1947 par le gouvernement polonais pour devenir un lieu de mémoire. Il est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979.