Avec Bad Boys For Life, le duo belge Adil et Bilall débarque à Hollywood : «On pensait se faire massacrer par la critique»

Ph. Columbia Pictures' BAD BOYS FOR LIFE.

Après avoir impressionné tout Hollywood grâce à leurs films d’action made in Belgium (‘Black’, ‘Patser’), les réalisateurs Adil El Arbi et Bilall Fallah accomplissent leur rêve de gosse en prenant les commandes de ‘Bad Boys For Life’ avec Will Smith. Pari réussi pour les petits Belges: leur film semble ravir la critique et trône depuis une semaine en tête du box-office américain.

Que représentait le premier ’Bad Boys’ pour vous deux?

Adil El Arbi: «On a grandi avec! C’était comme ’Le Flic de Beverly Hills’, le genre de films que tu vois dix fois à la télé, avec des acteurs noirs en haut de l’affiche. Ça m’a presque donné envie de devenir flic (rires).»

Bilall Fallah: «Moi j’étais super fan du duo de Will Smith et Martin Lawrence. Je regardais ’Le Prince de Bel Air’ tous les jours après l’école. Je me vois à dix ans, jouant au bad boy dans la cour de récré.»

Et voici le troisième! Quels sont les ingrédients d’une bonne suite?

AEA: «Il fallait que ce soit autre chose qu’une copie des deux premiers. Les héros sont plus âgés cette fois-ci et il ne fallait surtout pas le masquer. Il y en a un qui veut rester jeune, et l’autre non.»

BF: «En lisant le scénario, j’ai senti qu’il y avait un bon film à faire, et pas que pour le fric. Avec une dimension un peu plus profonde sur l’évolution de leur amitié.»

Comment avez-vous été choisis?

AEA: «On savait que le film était prévu mais que ça n’avançait pas. Nous on rêvait d’aller à Hollywood et de réaliser cette suite.»

BF: «Tu peux vérifier, on le disait déjà dans nos premières interviews, quand on tournait nos courts-métrages.»

AEA: «Ensuite on a rencontré Jerry Bruckheimer (le producteur du film, NDLR). Quand il nous a demandé ce qu’on voulait faire, on a directement répondu: ‘Bad Boys 3’! Puis le réalisateur de l’époque a lâché le projet, et on était là (rires)!»

Il y a eu de mauvaises surprises?

AEA: «C’est bête mais ce qui m’a le plus surpris, c’est le manque de sommeil. Tous les jours, il y a 200 personnes autour de toi qui te posent des questions non-stop! Et parfois t’aimerais bien pouvoir répondre: ‘Euh… j’sais pas!’ (rires). Ou quand les acteurs sentent que tu as un doute sur un détail, et que Will Smith annonce devant tout le monde: ‘OK les mecs, tout le monde rentre chez soi, on doit parler pendant une heure’!»

Comment s’est passée votre rencontre avec Will Smith?

AEA: «La toute première fois, c’était en 2015. On était tout discrets… et puis il se pointe devant toi comme un pote à qui tu as parlé deux jours plus tôt.»

BF: «Je le suivais sur les réseaux sociaux avant, et je peux te dire qu’il est pareil dans la vraie vie: authentique, honnête, respectueux. En fait il est aussi sympa que tout le monde l’imagine.»

Vous pensez avoir apporté quelque chose de belge sur le tournage?

AEA: «Notre caméraman (rires)! On n’a pas cherché à faire les Européens, on a surtout voulu rendre un hommage aux films d’action des années 90. Ça fait longtemps qu’on n’a pas vu un film comme ‘Piège de cristal’ ou ‘L’arme fatale’.»

Est-ce qu’il y a eu un moment où le studio vous a fait comprendre que vous aviez relevé le défi?

AEA: «On n’est toujours pas sûrs à 100% en fait (rires). C’était tellement difficile! Et on a eu tellement de doutes que quand on entendait des compliments on répondait: ‘C’est ça, casse-toi’! Et puis toutes les bonnes critiques se sont mises à sortir.»

BF: «On croyait qu’on allait se faire massacrer mais à chaque nouvel article qui tombait on se regardait tout contents en se demandant: ‘Putain, mais qui a écrit ce truc?’»

Le film cartonne au box-office, et vous voilà en Belgique pour le présenter. Vous êtes fiers?

AEA: «C’est comme revenir avec la coupe du monde! C’est top, ça fait plaisir. On a l’impression d’avoir été dans l’espace, sur une autre planète, et que maintenant on revient sur Terre.»

Stanislas Ide

Notre critique de Bad Boys For Life

On se souvient tous de Mike (Will Smith) et Marcus (Martin Lawrence), les policiers les plus givrés de Miami. Après un premier film ayant propulsé Will Smith vers la célébrité mondiale, et un second tombé dans l’oubli collectif, les voici de retour avec leurs prises de bec explosives et leurs lunettes de soleil. Mais quand un vengeur masqué se met à éliminer leurs collègues un à un, Marcus se dit qu’il est temps de raccrocher. Les flops de ‘Rambo’ et ‘Terminator’ viennent de nous le montrer: la nostalgie ne suffit pas, il faut du talent pour réveiller une franchise! Heureusement, les producteurs ont eu la bonne idée de miser sur le duo belge Adil et Bilall (‘Black’, ‘Patser’), qui réussit son entrée à Hollywood avec style. Fini la surenchère d’action dans un montage incompréhensible, et place à un énorme clin d’œil aux comédies d’action des années 90… et même à la Belgique, puisque tout commence avec une balle de la FN Herstal! On a connu plus original, mais on sent que ça vient du cœur, et ça marche! (si) 3/5