[Jeux vidéo] Que vaut le nouveau Dragon Ball Z Kakarot ?

Deux ans après l’excellent Dragon Ball FighterZ, la saga est de retour avec Dragon Ball Z Kakarot. L’ambition des développeurs était grande. Plus qu’un jeu de baston, ils ont voulu proposer un véritable jeu de rôle orienté vers l’action dans l’univers de DBZ. Un pari réussi?

Bien que la France soit la deuxième terre de Dragon Ball, Dragon Ball Z Kakarot ne propose pas de doublage en français. Avant de commencer la partie, il faudra donc choisir entre les voix de la version originale en japonais ou en anglais. Rassurez-vous, les sous-titres sont quant à eux bien en français. Tous les joueurs sont logés à la même enseigne et DBZ Kakarot ne propose pas de choisir son mode de difficulté.

Après ces formalités, c’est parti pour une aventure 100% solo. Le début du jeu est très lent et paisible. On y incarne Son Goku qui passe des moments avec son fils, Son Gohan. Ensemble, ils ramassent des pommes et des herbes. Le père apprend également à son fils à pêcher et à cuisiner. Ils font ensuite un tour en nuage magique. Le tout se déroule dans un monde semi-ouvert aux couleurs chatoyantes et avec des musiques originales de Dragon Ball. Extrêmement fidèles à l’anime japonais, les personnages sont modélisés en 2D mais avec des effets 3D. La première mission secondaire s’inscrit dans l’esprit feelgood et enfantin du début de l’aventure puisqu’il faut aider Tortue Géniale à retrouver le magazine de charme qu’il a égaré!

Pas un jeu de combat mais presque!

Évidemment (et heureusement!), les choses vont rapidement se corser avec l’arrivée sur Terre de Raditz, un Sayen qui prétend être le grand frère de Goku et qui veut le convaincre de revenir avec les siens. Échouant dans cette quête, il va kidnapper Son Gohan. C’est à ce moment que commencent les premiers combats du jeu. À ce niveau, les développeurs ont repris (un peu) le principe de Dragon Ball Xenoverse avec des affrontements en trois dimensions, dans des larges zones de combats, et lors desquels il faut se déplacer en l’air, tourner autour de l’ennemi, s’approcher de lui pour des attaques corps à corps ou au contraire s’éloigner de lui pour des attaques à distance.

Plutôt complexe à première vue, ces combats ont de quoi effrayer les non-initiés. Surtout qu’il vaut mieux savoir bien les maîtriser tant ils sont au cœur de l’expérience de jeu. Même s’ils peuvent parfois être extrêmement brouillons, après quelques heures de jeu, une fois que la bonne technique est trouvée (un savant mélange d’esquives, de contres, de recharge de sa jauge de Ki et d’attaques spéciales), ils deviennent même un jeu d’enfant.

En dehors des combats, vous contrôlerez à tour de rôle différents personnages emblématiques de la saga. Son Goku et Son Gohan bien sûr, mais aussi Vegeta, Piccolo ou encore Krilin dans des environnements divers et variés. Vous pouvez alors choisir d’accomplir des quêtes secondaires, anecdotiques et redondantes mais qui permettent de gagner de l’expérience et des bonus, de récolter des ressources et d’explorer les moindres recoins de ces différentes zones. Si les personnages brillent par leur modélisation, on ne peut pas dire que c’est le cas du reste des environnements, finalement très vides. On pointera notamment du doigt certaines textures comme les roches et les sols, qui sont tout simplement indignes de 2020. Par contre, là où Dragon Ball Z Kakarot tire son épingle du jeu, c’est dans les cinématiques. Nombreuses et magnifiquement réalisées, elles arrivent vraiment à plonger le joueur dans l’univers de DBZ.

Pas que des qualités

Le jeu reprend la plupart des arcs scénaristiques de la saga. Chacun durant environ 5h, comptez donc une bonne trentaine d’heures pour venir à bout de DBZ Kakarot. Si la durée de vie est au rendez-vous, après 10h de jeu, la monotonie pointe tout de même déjà le bout de son nez. À part les différents scénarios et les personnages jouables qui évoluent sans cesse, le jeu devient rapidement très répétitif. Les développeurs avaient promis un aspect RPG mais celui-ci est finalement très anecdotique. Le jeu repose sur un système complexe de «communauté» dans lequel il faut créer des liens entre les différents personnages pour être plus fort dans une multitude de domaines (combats, apprentissage, cuisine…). Mais finalement, on peut très bien laisser cet aspect de côté, cela ne change pas grand-chose sur le jeu. Même chose pour les repas à préparer et à déguster, ils sont là mais on peut très bien s’en passer. Enfin, on regrettera les nombreux écrans de chargement dans le jeu. Ils ne sont pas spécialement très longs mais ils viennent casser le rythme du jeu.

Notre verdict

Dragon Ball Z Kakarot assure le fan-service. Hommage fidèle et généreux à l’anime des années 90, le jeu plaira à tous les fans qui ont grandi avec San Goku, Vegeta et tous ces héros japonais. Émerveillés par les sublimes cinématiques, ces joueurs-là fermeront facilement les yeux sur les quelques défauts du jeu. Pour les autres, la pilule risque d’avoir plus de mal à passer tant celui-ci est fait par des fans pour des fans. Dragon Ball Z Kakarot n’est pas le jeu de l’année mais il fait figure de bon apéritif pour bien commencer 2020.

Thomas Wallemacq

Découvrez le trailer de lancement :

Retour sur une saga culte

En novembre dernier, Dragon Ball a fêté ses 35 ans d’existence. Diffusé dans le Club Dorothée sur TF1 entre 1988 et 1996, le dessin animé japonais a marqué à jamais les enfants, désormais trentenaires, qui ont grandi avec Son Goku, Végéta ou encore Tortue Géniale. En plus de trois décennies, il s’est vendu plus de 200 millions de mangas Dragon Ball et les centaines d’épisodes de l’animé ont été vus des millions de fois. La saga a aussi été déclinée en une multitude de jeux vidéo. Au total, il y en a eu plus de 75, avec des titres convaincants et d’autres beaucoup moins… Le succès de Dragon Ball ne s’escompte pas au fil du temps. Il se vend toujours autant de figurines et de produits dérivés autour de la saga, notamment au Japon et en France, les deux terres de Dragon Ball. Même si aujourd’hui sa réalisation peut sembler un peu datée, avec son message universel et indémodable, Dragon Ball continue de parler aux plus jeunes.

Ph. JOEL SAGET / AFP