Prélever le sperme d’un donneur décédé devrait être accepté, estiment des chercheurs

Ph. Henning Bagger / AFP

Le don de sperme post-mortem soulève de nombreuses questions éthiques. Pourtant, des chercheurs britanniques estiment qu’il devrait être accepté et qu’il permettrait de répondre aux pénuries dans les banques de sperme.

Saviez-vous que le sperme pouvait rester vivant jusqu’à 36h après la mort d’un homme ? Comme les organes, le sperme peut donc être prélevé de manière post-mortem. Pourtant, la pratique soulève certaines questions éthiques et depuis quelques années, de nombreux pays hésitent à l’autoriser ou non.

Un débat international

Le prélèvement de sperme post-mortem est interdit en Belgique, en France, au Canada ou encore en Allemagne. Aux États-Unis, cette procédure est interdite dans la majorité des Etats mais autorisée dans quelques-uns. Au Royaume-Uni, le prélèvement du sperme d’un mort est possible, à condition qu’il ait donné son consentement écrit de son vivant et que ce soit en vue d’une insémination de sa conjointe.

« A la fois réalisable et moralement acceptable »

Deux médecins britanniques viennent d’écrire une tribune pour que chaque homme puisse s’inscrire en tant que donneur de sperme de son vivant et que sa semence rejoigne une banque de sperme pour être disponible pour les femmes qui en ont besoin en vue d’une insémination. « Il est à la fois réalisable et moralement acceptable que des hommes donnent volontairement leur sperme à des étrangers après leur mort », estiment le Docteur Nathan Hodson et Joshua Parker.

Des banques de sperme en pénurie

Ils soulignent que le Royaume-Uni doit actuellement importer des échantillons provenant de banques de sperme à l’étranger et ce, afin de répondre à une demande de plus en plus importante. « S’il est moralement acceptable que des individus puissent faire don de leurs tissus pour soulager la souffrance d’autrui dans le cadre de transplantations pour des maladies, nous ne voyons aucune raison pour que cela ne puisse pas être étendu à d’autres formes de souffrance comme l’infertilité », ajoutent les chercheurs.

Selon les deux scientifiques, l’autorisation de cette pratique pourrait augmenter considérablement le nombre de donneurs et donc de permettre d’accroitre la diversité du sperme dans les banques de sperme et ainsi de répondre à tous les types de demande.