Vers plus de diversité au travail

Favoriser la diversité au travail, c’est l’objectif de l’accord signé récemment à Bruxelles par les huit organisations d’employeurs (Beci, FEB, UCM, Unisoc, Unizo, UWE, Voka et Boerenbond) et Unia, le Centre interfédéral pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme.

Partage de bonnes pratiques et politique de diversité sur mesure doivent déboucher sur un marché de l’emploi plus représentatif de la société et des besoins de la population, espèrent les parties. Alors que 5,3 % de la population âgée de 20 à 64 ans est au chômage et 25,7 % inactive, selon les chiffres de Statbel pour le premier semestre 2019, les entreprises pointent des difficultés à recruter.

Certains groupes de la société sont en effet moins intégrés sur le marché de l’emploi. « C’est le cas des femmes, des jeunes, des personnes qui réintègrent le marché du travail, des personnes âgées, des personnes handicapées et des personnes d’origine étrangère », énumère Patrick Charlier, directeur d’Unia. Pour augmenter le taux d’activité, « nous avons donc besoin de tous les talents disponibles », insiste Monica De Jonghe, directrice générale de la FEB.

Par cet accord, les employeurs et Unia s’engagent à travailler sur quatre axes. L’éducation, l’orientation et la formation constituent le premier pilier, car « les discriminations peuvent être directes ou indirectes et ne sont pas toujours conscientes », souligne Els Keytsman du Centre fédéral.

Suivent l’échange d’expertise juridique (pour mieux faire connaître la législation, auprès du personnel également), la coopération politique et une communication commune. « Unia est en effet généralement connu pour des actions individuelles en justice. À l’avenir, en communiquant ensemble, Unia et employeurs, nous pourrons mieux agir sur la prévention », détaille M. Charlier.

Des modules certificatifs

Concrètement, l’axe éducatif s’articule autour de modules certificatifs. Le premier -en ligne- teste les connaissances de base de la législation (que recouvrent les notions de handicap, de critères raciaux,…?), tandis que le deuxième se concentre spécifiquement sur le handicap et notamment l’accessibilité de l’environnement de travail. Enfin, un programme sur mesure est concocté par Unia pour les entreprises tant privées que publiques. En 2018, Unia a ainsi dispensé 2.358 heures de formation aux employeurs, plus qu’en 2017 (1.596 heures).

Grâce au soutien juridique, une société peut par ailleurs demander à Unia de rendre un avis sur son règlement interne.

En outre, « cet avis, neutre, peut aider à trancher une question lors de la concertation sociale avec les syndicats », salue Olivier Willocx, administrateur délégué de Beci. Par exemple, les jobs étudiants réservés à la famille des employés constituent un acquis social mais se révèlent parfois un obstacle à la diversité. Car si l’entreprise n’est pas diversifiée à la base, ce système reproduit cette homogénéité parmi les travailleurs.

L’accord « Travailler-Ensemble » se veut un « signal fort », selon le directeur d’Unisoc Michaël De Gols, pour que la lutte contre la discrimination « devienne un réflexe », conclut Pierre-Frédéric Nyst, président de l’UCM.