Solifin, une plateforme pour faciliter le financement «à impact»

Dans l’univers foisonnant et complexe des start-up, Solifin serait le maillon de la chaîne qui manquait jusqu’à présent. Sa mission de mise en relation est très précise et se fait en synergie avec ses sept membres fondateurs: Village Finance (Group One), Citizenfund, LITA.co (crowdfunding), Scale Up, Banque Triodos, Crédal et SI2Fund.

«Il y a plein d’argent en Belgique»

Sevan Holemans, qui a concrétisé le projet Solifin (c’est lui aussi qui a cofondé la fameuse start-up circulaire «Le Champignons de Bruxelles») n’y va pas par quatre chemins: «En Belgique, il y a de l’argent partout et de très nombreuses possibilités de subsides. Et les investisseurs ont besoin de trouver des projets. Nous offrons donc une activité de sourcing. Nous dénichons les projets qui ont besoin de financement et les présentons aux investisseurs. Nous organisons par exemple une session avec six projets qui ont besoin d’un financement entre 500.000 et 3 millions €», explique-t-il. Preuve s’il en faut que les investisseurs recherchent sans cesse des projets, le jeune homme précise que les membres investisseurs de Solifin, qui sont sélectionnés avec minutie, payent une cotisation annuelle pour avoir accès aux projets. Chaque mois, Solifin organise des sessions de rencontre entre porteurs de projets et investisseurs.

Une aide pour l’entrepreneur

Côté entrepreneurs, Solifin propose un encadrement qui n’est pas superflu tant le secteur est complexe. D’autant que la plupart sont complètement novices à ce propos. «Aujourd’hui, en tant qu’entrepreneur, tu ne sais pas où t’adresser pour recevoir un financement. Il y a de nombreuses possibilités et cela prend un temps fou. Il y a un en plus un tas de techniques possibles: dette, dette convertible, dette subordonnée, prise de participation (equity), bourse, don, subside, etc. L’idéal étant de faire un mix. Vous voyez, ce n’est donc pas si simple!», explique Sevan Holemans qui précise également que Solifin va permettre aux porteurs et porteuses de projet d’avoir les idées plus claires lorsqu’ils seront en face d’investisseurs potentiels: «C’est important d’aider l’entrepreneur en amont parce que quand il va se retrouver devant l’investisseur, ce dernier va lui poser mille questions très précises. Nous le préparons et nous le faisons rencontrer ceux qui seront pour nous les investisseurs idéaux en fonction de ses besoins et de son identité.» Parmi les projets qui sont passés par Solifin: le média coopératif Médor, mais aussi Usitoo, ou encore Incredible Company.

«Créer un mouvement»

Sevan insiste: si vous êtes entrepreneur, que votre activité est un projet qui répond à un ou des enjeux sociaux et/ou environnementaux actuels, et que vous cherchez un financement, allez sur le site internet de Solifin et répondez au petit questionnaire. On trouve également sur le site une cartographie précise des acteurs du financement à impact positif en Belgique ainsi qu’un moteur de recherche intelligent pour orienter vers les meilleures options de financement.

Et si en tant que particulier, vous avez envie de placer une partie de votre épargne ailleurs que sur votre compte épargne (les Belges sont de grands champions de l’épargne qui ne rapporte pourtant plus rien, avec près de 270 milliards€ qui y dormaient en 2018, selon la Banque Nationale), pour le placer dans «l’impact investing», vous trouverez sur le site l’ensemble des produits de placements proposés par leurs membres. «On aimerait créer un mouvement. On aimerait inciter les particuliers aussi à investir dans des projets à impact social et environnemental positif», nous avoue Sevan Holemans avec dans la voix et dans les yeux la conviction de ceux qui veulent changer le monde.

Co-financement et partage

«Ce qui est fabuleux aussi avec Solifin c’est la méthode de co-financement des projets», lance Sevan Holemans. «Nous fédérons des investisseurs, ce qui crée de la confiance entre les membres et favorise les pratiques de co-financement qui réduisent le risque pour chacun.» Et cette collaboration entraînerait une autre très utile conséquence: «Il y a forcément un partage de compétences et d’information. Par exemple, si certains projets dans les portefeuilles de nos membres font faillite, on peut apprendre de leurs erreurs et partager leur expérience. Peut-être que le projet ne correspondait pas à une demande actuelle, est né trop tôt ou avait une équipe trop peu qualifiée… Il y a plein de cas de figure possibles et les nouveaux projets sont souvent des entreprises inédites, tournées vers l’avenir et on ne sait pas prévoir si cela va marcher ou pas. Je pense que la force de Solifin est justement de mettre dans un même réseau toute une série d’investisseurs d’horizons différents qui vont finalement se nourrir entre eux et faire grandir ce secteur.»

Mesurer l’impact

Un des piliers de la finance à impact, après l’intention, c’est la méthode utilisée pour mesurer l’impact. Solifin s’attelle également à créer cet outil. «Ce n’est pas évident de créer des outils pour calculer l’impact. Et pourtant c’est très important, car le troisième pilier reste le rendement financier. Mais si l’impact est bon, cela va permettre à l’investisseur, qui prend cela en compte, d’accepter d’avoir moins de retour financier.» Enfin, Solifin se décrit comme un intermédiaire ayant comme objectif d’accélérer les financements en étant complémentaire à d’autres structures d’accompagnement existantes comme par exemple Hub.Brussels, en venant renforcer le côté «levée de fonds».

Lucie Hage

www.solifin.be