Quelque 280 arbres et arbustes plantés sans autorisation par des citoyens à Namur

Une quarantaine de citoyens ont planté dimanche, sans autorisation, 280 arbres et arbustes sur la voie publique à Namur. L’opération s’est déroulée à proximité du pont du Luxembourg, sur un terrain appartenant au Service Public de Wallonie (SPW), qui n’a pas encore réagi. Pour les militants, il s’agissait de dénoncer la politique d’urbanisation de la capitale wallonne et l’abattage de nombreux arbres sur le territoire communal. Les participants représentaient le Collectif de sauvegarde du parc Léopold, les Gilets jaunes namurois, Les Amis de la Terre, Students for Climate, Extinction Rebellion et Citoyens solidaires Namur. Les 280 arbres et arbustes d’espèces indigènes ont été plantés durant toute la matinée sur un parterre de pelouse longeant l’avenue Comte de Smet de Nayer, en face de l’école Albert Jacquard.
L’endroit a notamment été choisi pour sa visibilité.
« La Ville de Namur a abattu de trop nombreux arbres dans le cadre de ses grands travaux ces dernières années », a expliqué Marcel Guillaume, porte-parole du Collectif de sauvegarde du parc Léopold et président de la locale namuroise des Amis de la Terre.
« Les autorités communales se limitent à dire qu’elles compensent systématiquement ces abattages par d’autres plantations. Ce que voulons leur dire, c’est qu’il faut en faire plus pour la biodiversité, sans attendre. Les arbres existants doivent aussi être mieux pris en compte dans les projets d’urbanisation à venir. »
« Au travers de cette action, nous voulons également montrer à tous les citoyens qu’ils peuvent prendre les choses en main eux-mêmes », a-t-il ajouté.
Le SPW, à qui appartient le terrain, est dans le droit de laisser les plantations en place ou non. Contacté par Belga dimanche, son porte-parole n’était pas joignable.
« La Région wallonne veut planter 4.000 kilomètres de haies ou un million d’arbres et arbustes d’ici la fin de la législature. J’espère donc que nous n’en arriverons pas là », a déjà anticipé Marcel Guillaume.
Du côté de la Ville de Namur, on indique que de nombreuses mesures ont été prises afin de préserver la biodiversité.
« Tous les arbres qui ont été abattus l’ont été par nécessité, que cela soit pour des raisons urbanistiques ou de sécurité », a expliqué l’échevine de la Transition écologique, Charlotte Mouget. « Par ailleurs, en matière d’aménagement du territoire, notre objectif est de concentrer l’urbanisation pour limiter l’étalement urbain. »
« Nous voulons aussi amener plus de biodiversité sur le territoire namurois et répondre aux enjeux climatiques », a-t-elle ajouté. « Une vaste étude est en cours de préparation. En outre, elle permettra de déterminer précisément quelles essences planter, où, quand et comment. Nous devrions avoir les résultats dans un an et pourrons alors agir en conséquence. Parallèlement, nous allons infliger des sanctions aux entrepreneurs qui ne respecteraient pas les mesures de protection des arbres situés sur des chantiers. Un règlement est en cours de rédaction afin de mieux protéger ceux qui ne doivent pas être abattus. »

Source: Belga