Franck Dubosc à l’épreuve de la cinquantaine dans son spectacle «Fifty/Fifty»

L’humoriste français revient en Belgique pour jouer son spectacle «Fifty/Fifty». Un seul-en-scène pendant lequel Franck Dubosc se livre sur sa vie de papa quinquagénaire.

Vous affirmez être vieux pour les jeunes et jeune pour les vieux. Vous vous en êtes rendu compte quand?

«Je m’en suis rendu compte en jouant le spectacle. Je ne sais pas à quel moment exactement. C’est surtout une impression qu’on a soi-même, personne ne nous donne vraiment cette impression. Mais il y a un moment où je me suis convaincu de ça. En jouant le spectacle, je me suis dit que je me sentais un peu vieux, mais finalement je suis encore jeune.»

Vous dites également avoir 50 ans (il en a en fait 56, ndlr) et aimer ça, c’est vrai?

«Non (rires). C’est juste pour me rassurer. Le seul avantage d’avoir 56 ans, c’est de ne pas encore en avoir 60. Après, on pourrait se dire qu’on est plus mûr, plus mature, plus sage. Mais en fait non, pas vraiment.»

Votre spectacle a une dimension plus personnelle, pourquoi?

«C’est la façon dont je l’ai écrit. D’habitude j’écrivais en essayant de plaire au plus grand nombre. Ce qui est difficile car on finit par déplaire. Donc j’écrivais parfois des choses qui, je le savais, allaient faire rire. Mais pas forcément moi. Et là, pour ce spectacle, je me suis dit que j’allais me faire rire moi-même avant de faire rire le public. Donc, forcément, cela amène des choses un petit peu plus personnelles, traitées d’une autre façon. Alors je garde un peu mes basiques, des choses que les gens aiment quand ils viennent me voir. Mais je me fais un petit peu plus plaisir avec ce spectacle-là quand je le joue.»

Vous parlez notamment de votre femme, comment a-t-elle réagi?

«Alors ça, c’est le seul sketch qui est faux. Je lui ai lu avant. Je lui ai demandé si elle m’autorisait ‘à faire ce sketch misogyne de merde?’ Elle m’a dit que je l’avais bien nommé, et qu’en le nommant de cette manière je pouvais continuer à le jouer parce qu’elle a beaucoup d’humour. Mais c’est vrai que c’est le seul moment du spectacle qui n’est pas la réalité.»

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le Franck Dubosc d’il y a 35 ans, lorsqu’il avait la vingtaine?

«Ah quand j’avais 20 ans… J’aime cette insouciance, la naïveté de ce jeune homme qui y croyait. Et je suis fier de lui car il avait raison d’y croire. Si j’avais croisé le jeune homme de 20 ans que j’étais, je lui aurais dit d’arrêter tout de suite car il n’avait aucune chance. Et finalement, c’est lui qui avait raison. Donc je lui dois le respect et je le remercie.»

Il aurait rêvé d’avoir la vie que vous avez actuellement?

«Je ne pense pas non, je ne suis pas comme ça. Je pense que le jeune de 20 ans, il aurait rêvé d’être moins sous le feu des projecteurs, d’être moins connu.»

Vous vivez mal la notoriété?

«J’ai presque toujours connu la notoriété, même si elle a augmenté avec le temps. J’ai l’habitude de vivre avec. Mais chaque moment que je vis sans, je le savoure. Bien sûr, je dis ça, et peut-être qu’au bout de 15 jours ça va commencer à me manquer. C’est une drogue la notoriété. Mais j’ai un petit peu envie de lâcher prise.»

Vous promettez un spectacle un peu trash mais pas vulgaire, c’est possible?

«Non (rires). Enfin oui ça l’est dans une certaine mesure. C’est-à-dire qu’il y a toujours un petit peu de choses vulgaires. Mais j’y mets un petit peu d’émotions, ça nous pardonne d’avoir ri sur des blagues un peu plus vulgaires, ça nous donne bonne conscience.»

Vous êtes acteur, réalisateur, vous vous produisez sur scène. Quelle est la casquette que vous préférez?

«Réalisateur. Car déjà c’est plus dans l’ombre. Aussi parce que j’aime écrire ce que je réalise et je trouve que c’est là où je m’épanouis le plus. C’est là que je suis le plus moi-même.»

Encore aujourd’hui, on vous associe toujours au rôle de Patrick Chirac (Camping, ndlr), ce n’est pas pénible à force?

«Non, je trouve cela agréable d’avoir un personnage marquant dans sa carrière. Tous les acteurs n’en ont pas un. Je l’aime ce personnage, je lui dois tellement. Tout ce que je suis en train de réaliser, je le réalise grâce à ce personnage aussi. S’il n’avait pas eu autant de succès, on ne me laisserait peut-être pas réaliser ou faire autant de choses.»

À 56 ans, quels sont vos plans pour le futur?

«Écrire et réaliser. Et puis éventuellement m’arrêter un petit peu. Pourquoi pas…»

Et si vous aviez un rêve?

«M’arrêter. Avoir le courage de m’arrêter. Il faut du courage pour se dire qu’on arrête, pour couper le cordon le public. Et j’aime tellement ça… J’en ai tellement besoin que je ne sais pas si j’arriverais à le faire complètement. Mais je voudrais un peu plus m’occuper de ma famille.»

Clément Dormal

Franck Dubosc se produira le 4 février au Palais des beaux-arts de Charleroi, le 5 février au Cirque Royal de Bruxelles et le 6 février au Théâtre Royal de Mons.