Des patinoires sans glace et durables

Ph. Pexels

La première patinoire écologique permanente du Benelux a ouvert ses portes mi-novembre à Kokke-Heist. Une bonne nouvelle quand on sait que les patinoires traditionnelles consomment énormément d’eau et d’énergie.

La première patinoire permanente sans glace mais constituée de matériaux durables et glissants a été inaugurée mi-novembre dans l’enceinte du club de surf Lakeside Paradise de Knokke-Heist. Si l’absence de glace peut surprendre, le patineur s’y habitue assez rapidement, explique Joyce Vanleenhove, employée du club de surf. «Au bout de quelques minutes, c’est réglé», affirme-t-elle. Les professionnels semblent donc satisfaits de cette nouvelle surface.

Le matériau sur lequel on patine est constitué de synthétique durable et recyclé qui propose un facteur de glisse constant de 98% comparé à de la vraie glace. Ni eau ni électricité ne sont nécessaires et la température extérieure n’a aucune influence non plus. Ces patinoires écologiques permettent de pouvoir patiner en toute saison. Elles semblent donc être une bonne alternative aux patinoires classiques, très énergivores.

De plus en plus prisées

Alors que la question climatique est sur toutes les lèvres et que les hivers se font de plus en plus doux, les communes se posent la question du gaspillage d’énergie que représente le refroidissement des patinoires durant les marchés de Noël.

Le conseil communal de Bruges a par exemple décidé ne plus organiser son traditionnel festival de sculptures de glace et de ne plus autoriser de patinoire classique. «Nous estimons que ce n’est plus responsable de gaspiller autant d’énergie pour refroidir la glace et cherchons une alternative plus durable», avait fait savoir le bourgmestre au mois de juin dernier. La ville a choisi comme alternative une patinoire synthétique pour que les patineurs en herbe puissent tout de même s’adonner aux joies de la glisse.

Une patinoire écologique avait déjà vu le jour en 2017 à Saint-Gilles, lors du marché de Noël. Et d’autres communes suivent cet exemple, comme celles de Wanze, Berchem ou encore Welkenraedt, qui ont également décidé d’opter pour une patinoire synthétique.

La glace et l’esprit de Noël

Mais certaines communes ont pourtant choisi de faire marche arrière. La ville de Namur avait par exemple testé la patinoire synthétique il y a quelques années mais est revenue à une patinoire de glace. Les avis des patineurs amateurs font certainement pencher la balance. Les plus timides semblent apprécier le synthétique: ça fait moins mal quand on tombe, on ne se mouille pas et on n’a pas froid. Les amateurs de vitesse semblent quant à eux préférer la glace. Ils évoquent aussi le manque de sensation de froid. Et puis, nombreux sont ceux qui préfèrent la glace car elle plonge davantage le patineur dans l’esprit de Noël.

Toutefois, les préoccupations écologiques se font de plus en plus fortes. Et nul doute que, dans un futur proche, les communes se tourneront davantage vers le synthétique, qui propose des matériaux de plus en plus performants.

Marie Bruyaux

La consommation d’une patinoire classique

Une patinoire de Noël de taille moyenne consomme environ 60.000 kilowatts/heure d’électricité sur un mois. Cela représente la consommation de 200 frigos sur une année entière. Et avec des hivers de plus en plus doux, ce chiffre pourrait même être plus élevé. La patinoire de glace rejette en outre plus de dix tonnes de CO2 par mois dans l’atmosphère.