Le massage, un vrai réconfort pour les enfants malades

L’asbl «Mes Mains Pour Toi» forme des massothérapeutes à la pratique du massage sur des enfants gravement malades et leurs parents. Le «toucher» libérerait entre autres des endorphines, ce qui aurait de nombreux impacts positifs sur le patient, notamment en diminuant les effets secondaires de la chimiothérapie.

Catherine Bauraind est infirmière. Depuis 2004, elle a réorienté son activité vers le massage thérapeutique des patients sous traitement et plus particulièrement des jeunes patients atteints par exemple de leucémie. D’abord bénévolement, elle a ensuite créé son asbl dans le cadre de laquelle elle forme également d’autres massothérapeutes à cette pratique qui demande des précautions particulières.

Un massage «sécurisé»

Les massages sur des patients sous traitement sont rarement proposés dans nos hôpitaux. Cela part d’une raison très pragmatique: on ne masse pas quelqu’un sous traitement comme on masse n’importe qui. Il y a des précautions à prendre. «Lorsque l’on prend des médicaments, que l’on suit un traitement de type chimio ou que l’on est en déficit de globules blancs par exemple, cela peut avoir des conséquences néfastes lorsque l’on masse. On peut par exemple faire des ‘bleus’ sur la peau. Il faut donc ajuster la pression et le niveau de profondeur du toucher. Le sens de la caresse aussi peut avoir un impact car ramener le sang vers le cœur peut provoquer un malaise chez le patient», détaille la massothérapeute.

Catherine a dû aller se former au Québec, car en Belgique aucune formation avec un protocole clinique n’était proposée sur ce sujet il y a dix ans. Maintenant, elle s’en charge!

Petits patients impatients

En tant qu’infirmière, Catherine Bauraind n’avait jamais accepté de travailler en pédiatrie. Trop difficile émotionnellement nous confie-t-elle. Et pourtant: «Me voilà à masser des enfants! C’est la vie qui m’a poussée vers eux. Je pensais que ce serait impossible émotionnellement mais en fait, quand je vois la bulle de répit que je leur offre, c’est la plus belle des motivations. Quand je masse un bébé ou un enfant, crispé par la douleur ou l’angoisse, et que je vois sa toute petite main se détendre et s’ouvrir comme une fleur, que j’entrevois un léger sourire apparaître sur son petit visage, je sais que je fais du bien concrètement».

Ses petits patients sont d’ailleurs parfois impatients! «Je me souviens d’un petit garçon qui m’a vue arriver dans la chambre et qui a crié ‘massage, massage!’ en enlevant ses chaussettes et en les faisant valdinguer en l’air.»

Des effets secondaires réduits

Il y a quelques années, la pratique du massage sur les patients n’était pas spécialement bien vue, nous explique la massothérapeute. Mais actuellement, les médecins sont globalement positifs, voire ravis! «Certains médecins collaborent avec enthousiasme. Ils viennent me chercher parfois pour que je masse un petit patient avant sa chimio par exemple. C’est parce qu’ils voient que le stress et l’anxiété de l’enfant diminuent avec le massage, entraînant même une diminution des effets secondaires du traitement, voire leur disparition». Catherine Bauraind explique cela par l’action de deux hormones: la sérotonine et l’endorphine, libérées grâce à la détente que procure le massage, qui diminue parallèlement le taux de cortisol, l’hormone du stress. L’ocytocine aussi est activée, permettant un effet anxiolytique.

«Maman en a plus besoin que moi»

En massant les enfants, l’infirmière a vite remarqué également la fatigue émotionnelle et physique des parents de ceux-ci. Elle a alors décidé de leur proposer des massages ainsi qu’au reste de la fratrie. «Quand un enfant est sous traitement à l’hôpital, toute la famille souffre. Je masse souvent les parents, en position assise, dans la chambre. Et cela fait d’ailleurs aussi du bien aux enfants de voir que je m’occupe de leurs parents. Je me souviens d’un enfant qui m’a dit: ‘Non. Massez plutôt ma maman, elle en a plus besoin que moi’.» Catherine Bauraind masse à l’hôpital et à domicile. Ils sont gratuits pour les petits patients et leur famille. Elle masse l’enfant tous les deux jours en fin de vie. Elle forme également des massothérapeuthes et son asbl les rétribue ensuite lorsque Catherine leur propose des missions. L’asbl Mes Mains Pour Toi est entièrement financée par les dons, le mécénat et les événements organisés au profit de l’asbl.

Lucie Hage

www.mesmainspourtoi.com