Un « musée du selfie » pour chasser les likes

AFP / I. Fassbender

À Cologne, en Allemagne, les habitués d’Instagram viennent se prendre en selfie devant les décors mis en scène dans un musée éphémère.

Ballons couleur bubble gum, néons à la mode des vieux « diner » préfabriqués américains… le « Supercandy Museum » expose depuis le 1er novembre, et pendant trois mois, des décors de photos totalement calibrés pour les réseaux sociaux et les usagers à la recherche de clichés originaux pour faire grimper leur audience en ligne. « Bien sûr que la mise en scène est fausse. Mais ce qui m’importe, c’est que les gens voient que je passe un bon moment », une jeune visiteuse.

Ces « musées temporaires du selfie » se sont multipliés partout dans le monde ces dernières années, permettant à tout détenteur de smartphone de se prendre en photo devant une ribambelle de décors colorés et fantaisistes pour animer ses réseaux. C’est d’ailleurs la seconde fois que le « Supercandy museum » s’installe à Cologne, après une première édition qui avait attiré pendant six mois 42.000 personnes, essentiellement des femmes, pour un prix de 29 euros l’entrée.

Des ventes en hausse

Ce concept va-t-il continuer à avoir du succès? Rien n’est moins sûr car une nouvelle tendance gagne du terrain sur les réseaux sociaux, privilégiant l’authenticité. De plus en plus de stars de l’internet se confient sur les difficultés qu’implique la publication quotidienne d’images « parfaites » sur leur page. En témoigne la chanteuse américaine Demi Lovato, qui a récolté 10 millions de « likes » sur Instagram en postant une photo d’elle en bikini montrant sa cellulite. Instagram est même en train d’expérimenter la suppression du bouton « j’aime », en réponse aux critiques concernant son impact sur la santé mentale de ses utilisateurs, désespérés dès qu’une photo n’est pas suffisamment appréciée.

Frank Karch, l’homme derrière le concept du musée pop-up de Cologne, affirme lui que les ventes de billets sont « en hausse » pour cette seconde édition, organisée dans un immeuble industriel du quartier branché d’Ehrenfeld. « Un jour où l’autre cet engouement va certainement faire son temps », admet-il. Mais selon lui, il y a de la place pour tout le monde. « La grande tendance de fond va rester la même que depuis l’invention de la peinture : les gens veulent avoir une bonne image d’eux-mêmes », assure-t-il.