Il se fait photographier en faisant le salut nazi dans un ancien camp de concentration

Belga / E. Ansotte

Un membre de la section flamande du groupe d’extrême droite Right Wing Resistance, s’est fait photographier faisant le salut nazi au cours d’une visite en août au Fort de Breendonk (province d’Anvers). Le centre pour l’égalité des chances, Unia, va enquêter sur ce geste, et le parquet a ouvert une information judiciaire.

Right Wing Resistance, dont l’aile flamande a récemment vu le jour, avait visité avec plusieurs membres et sympathisants ce fort que les nazis ont exploité comme camp de concentration durant la Deuxième Guerre mondiale. C’est aujourd’hui un lieu de mémoire de l’horreur nazie et de l’univers concentrationnaire.

On peut apercevoir sur une photo un individu effectuant le salut hitlérien dans le ’casino’, une salle du camp qui servait de réfectoire aux nazis.

« Une gifle au visage des victimes »

L’homme, G. V., est issu d’une famille soutenant le Vlaams Belang, selon les recherches du Morgen et de la VRT. Lui-même ne détiendrait toutefois aucun mandat au sein de la formation d’extrême droite. Il aurait régulièrement été vu au cours d’événements du parti.

«C’est une gifle au visage des victimes et de leurs proches. La moitié des personnes déportées ici n’ont pas survécu à la guerre», a commenté le conservateur du Fort, Dimitri Roden.

«Poster intentionnellement un salut nazi sur les réseaux sociaux est punissable», ajoute un membre d’Unia. «Nous allons étudier ce cas.»

Incitation à la haine et négationnisme

De son côté, la division de Malines du parquet d’Anvers a ouvert une information judiciaire, samedi, pour probable fait d’incitation à la haine et/ou de négationnisme au fort de Breendonk.

Une plainte a été déposée auprès de la zone de police Malines-Willebroek, selon le ministère public. «Le parquet d’Anvers a chargé la zone de police d’effectuer l’enquête», précise-t-il.

Le président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB), Yohan Benizri, a déploré l’incident. «Outre l’insulte aux survivants et aux proches des victimes que constitue cet acte odieux, il est symptomatique d’une atmosphère nauséabonde», a-t-il souligné dans un communiqué. «Nous voyons se consolider et se renforcer les extrêmes, et la haine se libérer. La bêtise et la méchanceté ne semblent plus honteuses», a-t-il encore regretté.

Le Fort de Breendonk a été utilisé comme camp de concentration durant la Seconde Guerre mondiale en Belgique. Plus de 300 personnes y ont été tuées, tandis que des centaines d’autres ont été brisées, humiliées, torturées ou déportées au nom d’une idéologie de la haine.