Le SNI réclame une réduction de la TVA à 6% pour l’ensemble des artisans certifiés

Six artisans sur dix exercent leur activité à titre complémentaire et 90% d’entre eux gagnent moins de 500 euros net par mois, selon une étude effectuée par le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) à l’occasion de la Journée de l’artisan, célébrée ce dimanche. Le SNI qui souhaite le maintien et la valorisation des savoir-faire plaide pour un taux de TVA réduit en faveur de ces « petites mains aux doigts d’or ». D’après le SNI, qui a interrogé quelque 200 artisans, l’artisanat s’est fortement diversifié au cours de ces dernières années. A côté des traditionnels métiers de bouche (boulanger, boucher…) ou de la construction (menuisier, ébéniste…), on voit (ré)apparaitre des métiers très spécifiques. Les artisans recherchent de plus en plus des niches, tant en termes de produits que de consommateurs.
Mais, il y a un revers à la médaille. « Nombre d’entre eux ont des difficultés pour vivre uniquement de cette activité artisanale. Beaucoup l’exercent d’ailleurs à titre complémentaire, soit près de 6 sur 10 ». Ainsi, résume la présidente du SNI, Christine Mattheeuws, « si on peut dire que les artisans ont des mains en or, ils n’ont pas de l’or dans les mains ».
Selon l’enquête, environ 90% de ceux-ci gagnent en effet moins de 500 euros net par mois.
Autre constat établi par l’organisation de défense des indépendants: l’âge moyen des artisans est assez élevé. Sept artisans sur dix ont plus de 40 ans. « A terme, c’est un tout un know-how qui risque de disparaitre ».
Le SNI a longtemps plaidé pour l’instauration d’un label d’artisan certifié. « Il existe maintenant depuis 2016 », poursuit Christine Mattheeuws. « S’il s’agit indéniablement déjà d’une aide précieuse (…), il faut aujourd’hui lui donner du corps. » Le Syndicat neutre pour indépendants demande donc qu’un artisan certifié puisse bénéficier d’aides spécifiques liées à ce statut. « Nous allons réclamer une réduction de TVA à 6% pour l’ensemble des artisans certifiés. Il faut, en effet, pouvoir élargir ce taux, aujourd’hui réservé à certaines activités comme l’alimentation, la réparation de vélos ou les cordonneries, à toutes ces professions ».
Par ailleurs, le consommateur se montre de plus en plus sensible à la provenance, aux conditions de fabrication et à la qualité des produits. « Ce sont là tous des éléments dans lesquels les artisans se distinguent », complète la présidente du SNI avant de conclure: « l’artisanat, ce sont des emplois locaux non-délocalisables. Promouvoir l’artisanat, c’est faire en sorte que ce savoir-faire et l’emploi qui y est lié continuent à vivre localement ».

Source: Belga