Brexit – GB: le patronat met en garde contre la « paralysie politique » avant les élections

Le patronat britannique a appelé dimanche, à la veille de son congrès annuel, les partis en campagne pour les législatives du 12 décembre à éviter « une nouvelle année gâchée par la paralysie politique » après trois ans et demi de crise du Brexit. La principale organisation patronale du pays, la CBI (Confederation of British Industry) dévoile dans un communiqué ses propositions avant de tenir sa grande messe annuelle à Londres lundi, à moins d’un mois du scrutin législatif.
Les grands leaders politiques s’y sont d’ailleurs donnés rendez-vous, puisque le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn et celle du parti Libéral-démocrate, Jo Swinson, doivent y prononcer un discours, tandis que le Premier ministre conservateur Boris Johnson devrait également y prendre part.
« Quelle que soit la personne au pouvoir après les élections, la première priorité doit être de travailler avec les entreprises pour répondre aux difficultés du pays », avertit Carolyn Fairbairn, directrice générale de la CBI.
« Nous ne pouvons simplement pas nous permettre une nouvelle année gâchée par la paralysie politique, l’indécision et la distraction quand la productivité et l’investissement souffre », selon elle.
Les milieux d’affaires n’ont eu de cesse ces derniers mois de regretter la longue période d’incertitudes autour du Brexit, qui était prévu fin octobre avant d’être repoussé à fin janvier 2020 compte tenu du blocage politique au Royaume-Uni.
La CBI espère désormais que ces élections vont permettre de clarifier le processus de sortie de l’UE et d’aborder les problèmes de fond, comme la lutte contre le changement climatique ou l’investissement dans les infrastructures.
Le patronat se prononce notamment en faveur des projets controversés de ligne de train à grande vitesse HS2 et de l’agrandissement de l’aéroport londonien de Heathrow.
« En tant que pays, nous pouvons suivre la voie d’idéologies extrêmes, à savoir une dérégulation massive à droite ou une intervention massive de l’Etat à gauche. Ou nous pouvons prendre un chemin différent », lance Mme Fairbairn.
Elle plaide pour un « capitalisme inclusif » qui « prouve que le Royaume-Uni est un lieu incomparable pour investir et lancer une entreprise ».
Ces propos font écho aux craintes quant à une possible dérégulation massive au Royaume-Uni après le Brexit afin de gagner en attractivité, ainsi qu’à celles répandues au sein des milieux économiques concernant le programme des travaillistes qui promettent de nationaliser le rail, la poste, l’eau et une partie des réseaux télécoms.

source: Belga