David Hallyday bientôt en concert à Bruxelles : « Je compose des chansons et cela soulage beaucoup »

En décembre dernier sortait le treizième album de David Hallyday, «J’ai quelque chose à vous dire», très largement inspiré par l’émotion, le deuil et les tourments dans lesquels lui et sa famille ont été plongés après le décès de son père. Un album particulièrement personnel qu’il viendra défendre le 8 janvier prochain au Cirque Royal à Bruxelles lors de son «Eternel Tour».

La tournée s’appelle «Eternel Tour»…

«… oui mais elle ne va pas être éternelle. Je vais m’arrêter un petit peu. (rires) C’est le titre d’une chanson assez symbolique de l’album. Elle parle de l’amour, de la force, d’aller de l’avant malgré les obstacles. Je voulais que ce soit le thème général de cette nouvelle tournée et de ce nouveau show. Cela fait 18 mois que l’on est sur la tournée précédente, et là, on enchaîne sur une nouvelle vraiment centrée sur le nouvel album, avec une nouvelle playlist. Et un show plus gros avec plus de monde dans l’équipe. On est reparti totalement d’une page blanche.»

Un show plus gros mais peut-être pour votre album le plus intime.

«Forcément, c’est un album très intime. Mais, ce qui est différent, c’est que j’ai perdu un être cher à mon cœur. La période pendant laquelle je l’ai composé était très difficile. J’avais donc des choses plus fortes à dire. Les gens l’ont capté comme ça parce que c’est finalement un thème très universel. On oublie, entre nous humains, qu’on est forcément confronté un jour à ça, et on doit ensuite se reconstruire. Je pense que ça le rend en effet beaucoup plus personnel parce que le sujet l’est.»

C’est facile de les chanter en public d’un point de vue émotionnel?

«C’est toujours compliqué puisqu’il y a beaucoup d’émotions. Ça fait déjà longtemps que je les chante, et à chaque fois je me dis qu’il va y avoir une habitude qui va se créer. Mais on ne contrôle pas tout, surtout que le public vous envoie aussi des émotions. Parfois, je me suis bluffé par ce que je peux toujours ressentir. Et les thèmes sont tellement forts pour moi qu’il y a forcément quelque chose qui se passe. Mais j’aime bien être pris par l’émotion. La scène, c’est l’endroit où on est libre de tout. Dans la vie, je n’aime pas être hors contrôle, je suis un peu un angoissé. Mais la scène, c’est l’endroit où on peut se laisser aller. S’il faut être envahi par l’émotion, ce sera de toute façon un partage.»

Hormis votre père, vous aviez un modèle pour la scène?

«Oui. Freddie Mercury fait partie de ces icônes emblématiques, showman, avec une voix puissante et lyrique. C’est le genre de rock que j’adorais. Je suis batteur à la base, et j’ai fait mes premiers pas sur du Queen, Led Zep, etc. Mais en musique, je ne suis pas sectaire du tout. Je peux très bien écouter du jazz ou de la pop, j’adore l’électro tout en étant fan de Michael Jackson. Mais, généralement, mes icônes ont été des perfomers sur scène, des artistes qui se donnent comme un boxeur sur le ring.»

Le cœur de l’album, c’est le thème de la famille.

«La famille, c’est un drôle de truc pour moi. Théoriquement, on nous dit que c’est le plus important, c’est le cœur, c’est le sang. Quelqu’un de ta famille t’aime forcément et tu aimes forcément quelqu’un de ta famille. Mais ce n’est pas toujours vrai. Dans mon cas, ça l’a toujours été. On a toujours partagé les mêmes passions, que ce soit dans le cinéma, la musique, la vie en général. Je pense que les gens sentent çà. Et qu’ils découvrent que la famille est quand même le pilier. On peut ne pas être d’accord, mais quand tout va mal, on a au moins çà. On n’est pas tout seul. Et c’est que j’ai voulu aussi exprimer dans cet album. Personne ne peut t’empêcher d’aimer ou d’être aimé. On ne sait pas comme aller de l’avant quand on est très meurtri. C’est déjà suffisamment difficile de perdre un proche, alors quand il y a en plus tout ce truc autour qui t’empêche… Je ne le souhaite à personne. Donc moi, j’ai de la chance, je compose des chansons, et cela soulage beaucoup.»

Vous avez d’ailleurs récemment chanté «Sang pour Sang» avec votre mère sur scène.

«Oui, je l’avais souvent fait avec mon père parce que c’était une chanson que je lui avais composée. Avec ma mère, c’était une émotion très différente. J’ai découvert d’autres choses. C’était très fort aussi. Surtout que cette chanson reste en famille. C’est intrinsèquement notre ADN. Mes deux filles étaient déjà nées quand on a bossé sur cet album avec lui. Ça ne s’arrête pas à mon père et moi.»

Qu’avez-vous pensé de l’album de réinterprétation des chansons de votre père par Yvan Cassar. C’est un projet que vous avez suivi?

«Non, ils m’ont demandé d’écouter. Ce que j’ai fait. Ils vendent ce qu’ils ont annoncé. Des versions sans les rythmiques et uniquement symphoniques. Sur ce plan-là, je n’ai rien à dire. Yvan est quelqu’un de super talentueux, il a fait un boulot incroyable sur les arrangements de cordes. Donc, c’est bien. Mais il n’y a rien de très nouveau.»

Comment avez-vous fait pour travailler avec des paroliers sur des textes qui vous sont aussi personnels?

«J’ai pu le faire uniquement parce que ce sont des amis proches, et pas de simples paroliers. Il fallait que la confiance soit là. Ce sont des gens que je vois très souvent en dehors et avec qui je peux parler en toute intimité. On a réussi à le faire pour cette raison-là et parce que ce sont aussi de bons auteurs. Je ne sais pas comment je l’aurais fait sans l’amitié.»

On a l’impression que cet album devait sortir coûte que coûte. Il fallait le sortir de vous.

«Oui, c’est ça. Il paraît qu’il ne faut pas garder les choses difficiles en soi. Il faut savoir les enlever pour chercher l’apaisement. Et j’ai souvent composé pour me dégager de quelque chose. Il y a un côté très thérapeutique dans toute forme artistique. La musique sert aussi à enlever les maux. Quand on écoute le blues, on n’y entend que du malheur finalement.»

Pierre Jacobs

David Hallyday sera en concert le 8 janvier prochain au Cirque Royal de Bruxelles (Tickets: 070/660.601 et mbpresents.be).