Thierry Breton tente de montrer patte blanche

Thierry Breton, ex-grand patron d’Atos, a tenté jeudi après-midi de rassurer les parlementaires européens sur son indépendance et sa capacité à assurer l’énorme portefeuille (Marché intérieur, politique industrielle, numérique, défense, espace) qu’il est appelé à prendre en charge au sein de la Commission européenne d’Ursula von der Leyen. Le Français passait son « grand oral » face aux commissions du marché intérieur et de l’industrie du Parlement, auxquelles étaient associées les commissions de la culture et des affaires juridiques. De nombreuses questions d’eurodéputés ont porté sur sa capacité à gérer efficacement ce portefeuille alors qu’il a promis, s’il est confirmé au poste de commissaire, de se « déporter » (s’exclure des décisions) sur les questions touchant à son ancienne entreprise. Or, comme l’a souligné à l’aide d’un tableau la parlementaire française Marie Toussaint (Verts/ALE), Atos est impliquée dans à peu près tous les domaines que recouvre le portefeuille qu’on veut confier à l’ex-ministre et hommes d’affaires.

Thierry Breton a précisé qu’il ne se déportera certainement pas des « secteurs » à sa charge et dans lesquels Atos est bien souvent un acteur, mais uniquement des questions contractuelles ou financières touchant directement son ex-employeur. Il a de manière répétée renvoyé au code de conduite des commissaires: « Je ne me déporterai que quand il s’agira de contrats ou de relations financières (avec Atos), qui viendront à moi et que je n’aurai pas à connaitre ».

Présentant aux députés une attestation montrant qu’il a entre-temps vendu toutes ses actions sur les marchés, et non à des membres de sa famille, il a encore été un pas plus loin. « Jamais je ne recevrai seul dans mon bureau un membre d’une entreprise que j’ai dirigée, je prends cet engagement devant vous », a-t-il lancé.

Défendant avec verve son engagement pour l’intérêt général européen et laissant transparaitre sa passion de l’entreprise et du numérique (« les données, c’est ma vie! « ), le Français a promis d’être « radical ». « Il n’y a qu’une solution, être radical, avec toujours le seul intérêt général en tête. Je me présente devant vous aujourd’hui sans plus aucun intérêt patrimonial dans aucune entreprise », avait-il souligné dès son introduction. « Si vous me confirmez, je vous le dis haut et fort, je n’aurai qu’une seule boussole, l’intérêt général européen ».

Thierry Breton avait été proposé par Paris après le retentissant échec de Sylvie Goulard, candidate d’Emmanuel Macron recalée par les eurodéputés après deux auditions et une salve de questions écrites.

Mardi, ce n’est que de justesse que la commission des affaires juridiques avait validé sa candidature sur base d’un examen de sa déclaration d’intérêts. Contrairement à Mme Goulard, Thierry Breton, le premier grand patron de l’histoire de l’UE candidat aux fonctions de commissaire, bénéficie du soutien du PPE, le premier parti européen.

Source: Belga