Ces patrons ont changé de cap pour limiter les impacts négatifs de production

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Ils nous aident à manger sain, consommer intelligent ou épargner solidaire. Rencontre avec des chefs d’entreprise engagés dont les produits répondent à notre soif de changement.

Un chocolat de qualité, certifié bio, et 100% éthique

Quitter une grande multinationale pour racheter une petite chocolaterie traditionnelle, c’est le pari qu’à fait Thierry Noesen il y a 15 ans. Depuis, Belvas produit un chocolat de qualité, certifié bio, et 100% éthique. Dès l’origine Thierry Noesen a voulu redorer l’image du chocolat belge en menant des actions concrètes pour améliorer les conditions de vie des producteurs de cacao avec qui il travaille à l’étranger. En effet l’industrie du chocolat génère environ 100 milliards $ par an… dont seuls 6% atterrissent dans la poche des producteurs. Le constat est sans appel «Les conditions de travail des planteurs de cacao sont extrêmement mauvaises. De grandes quantités de pesticides sont pulvérisées sur les plantations pour améliorer les rendements ce qui accélère la déforestation. Des enfants travaillent dans les cultures, parfois réduits à l’état d’esclaves.» Belvas a donc pris des actions concrètes pour changer ça.

Un vignoble 100% bio

Plus proche de nous, Michel Schoonbroodt a lui souhaité recréer un vignoble 100% bio… en Belgique! Depuis deux ans, la coopérative Vin du Pays de Herve achète et loue des terres qu’elle transforme en vignobles bio. Huit hectares de vignes ont déjà été plantés (40.000 pieds) et les premières vendanges auront lieu en 2020. L’ambition de Vin du Pays de Herve est de montrer qu’un autre modèle économique est possible, en lien avec la terre et dans le respect de l’Homme. Michel Schoonbroodt explique «Savez-vous qu’il y a 300 fois plus de résidus de pesticides dans le vin que dans l’eau potable? L’industrie du vin n’affiche clairement pas suffisamment de transparence. Notre ambition est de créer un domaine viticole qui respecte l’environnement et la santé des consommateurs.» La coopérative compte déjà 500 coopérateurs, qui s’ils le souhaitent, se forment à la culture de la vigne et à l’agriculture raisonnée.

Un nouveau modèle de consommation

Portée par deux Bruxelloises, Lili Bulk propose aussi un nouveau modèle de consommation. Avec leur entreprise installée chez GreenBiz, près de Tour et Taxis, elles répondent à la demande croissante d’un mode de consommation zéro déchet. «Les consommateurs cherchent une manière d’éviter le suremballage, les produits venant de l’autre bout du monde et les aliments industriels mauvais pour la santé. Nous avons créé Lili Bulk pour répondre à ces problèmes.» En remettant la consigne au goût du jour, l’entreprise offre une vraie alternative aux produits emballés dans du plastique. Distribuées dans de nombreux magasins bio, leurs recettes prêtes à l’emploi font un carton. Elles sont toutes composées de produits belges et bio.

Depuis sa création, l’entreprise a permis d’éviter plus de 100.000 emballages à usage unique, autant de plastiques qui ne seront pas incinérés ou qui ne finiront pas dans les mers.

Qu’est-ce que ces entreprises ont en commun?

D’abord elles changent nos habitudes de consommation et nous permettent de limiter les impacts négatifs de production. Mais elles ont aussi choisi de placer les citoyens et consommateurs au cœur de leur chaîne de valeur. En effet, elles les intègrent à leur capital pour que ces clients-actionnaires participent à la vie de l’entreprise et à ses décisions. «Face à une société de plus en plus individualiste nous souhaitons rassembler autour d’un projet qui fédère les citoyens entre eux», explique Michel Schoonbroodt. Ces entreprises organisent pour cela des campagnes de financement participatif avec LITA.co.

Grâce à cette plateforme, tout le monde peut, en quelques clics et à partir de 100€, devenir actionnaire de projets éthiques, responsables et durables. Parce que pour transformer l’agriculture et la production alimentaire, il faut aussi des partenaires financiers qui y croient, petits comme grands. Ainsi de plus en plus de citoyens participent, à leur échelle, et depuis chez eux, à cette révolution financière et agricole.