Un haut fonctionnaire français soupçonné d’avoir intoxiqué et humilié des femmes

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Un ex-haut fonctionnaire du ministère français de la Culture soupçonné d’avoir, pendant plusieurs années, photographié et humilié des femmes en leur administrant des diurétiques pour qu’elles urinent devant lui. Il est poursuivi notamment pour agression sexuelle.

Le quotidien Libération, qui revient dans une longue enquête sur les actes reprochés à cet ancien recruteur du ministère, affirme qu’il aurait fait plus de 200 victimes en neuf ans. L’affaire avait été révélée par le Canard Enchaîné en mai dernier. «Entre 2009 et 2018, plus de 200 femmes ont été photographiées et/ou intoxiquées aux diurétiques, à leur insu, au ministère de la Culture puis à la direction régionale des affaires culturelles (Drac) de la région Grand Est», écrit Libération, sur la base de nombreux témoignages.

Cet ancien sous-directeur des politiques de ressources humaines isolait ses victimes pour les pousser à uriner devant lui et en tenait un registre dans un fichier informatique, avec force détails et photographies. «J’aurais voulu qu’on m’arrête avant», a-t-il déclaré au quotidien, reconnaissant pour sa part avoir intoxiqué «dix ou vingt» femmes.

L’affaire a été révélée le 15 juin 2018 à la Drac Grand Est, où l’homme a été pris sur le vif en train de photographier «discrètement» les jambes d’une sous-préfète de Moselle. Il a été suspendu en octobre puis révoqué en janvier 2019, selon le quotidien. Placé sous contrôle judiciaire, il a été mis en examen pour «administration de substance nuisible», «agression sexuelle par personne abusant de l’autorité conférée par sa fonction», «atteinte à l’intimité de la vie privée par fixation d’image», «violence par une personne chargée de mission de service public» et «infraction à la législation sur les médicaments», selon une source judiciaire.