Test de Death Stranding : Le jeu le plus beau, le plus marquant et le plus bizarre de 2019

Un an après Red Dead Redemption 2, c’est Death Stranding qui s’apprête à faire couler beaucoup d’encre. À quelques jours de sa sortie, fixée au 8 novembre, nous venons de passer une quarantaine d’heures sur le nouveau jeu de Kojima. On vous dit tout sur cette expérience marquante qui risque de déstabiliser bon nombre de joueurs.

Ce 8 novembre 2019, jour de la sortie de Death Stranding, va assurément entrer dans l’Histoire du jeu vidéo. Car oui, disons-le tout de suite, Death Stranding est une expérience unique, intense et marquante comme il y en a rarement. La nouvelle exclu PS4 (temporaire puisqu’elle débarquera sur PC en 2020) signée Hideo Kojima (le papa de la saga Metal Gear Solid) a des qualités, des défauts aussi, mais une chose est sûre, elle ne laissera personne indifférent.

Accrochez-vous !

Death Stranding, c’est d’abord une histoire qui, du début à la fin, va vous retourner le cerveau. Le scénario est volontairement tordu et part dans tous les sens. À moins d’avoir un Master en Philosophie, d’être spécialiste dans les sciences et fan de science-fiction, vous risquez (comme nous !) d’être submergé par la complexité du scénario. Heureusement, on vous rassure, le jeu sait aussi s’apprécier sans chercher à absolument tout comprendre à l’histoire. Pour faire simple, et surtout pour vous laisser la surprise, vous incarnez Sam Porter Bridges. Dans un futur proche et sur une Terre dévastée par le Death Stranding, vous avez le futur de l’humanité entre vos mains, ou plutôt sur votre dos. En effet, Sam est livreur. Son job est d’apporter des marchandises le plus soigneusement possible d’un point A et à un point B. Plus globalement, vous allez devoir relier la côte ouest et à la côte est de ce qui était anciennement les USA et qui sont devenues les UCA (United Cities of America). Une tâche longue est loin d’être évidente !

La beauté incarnée

Le premier contact avec Death Stranding est visuel. Et quelle claque ! Visuellement, sur la version PS4 Pro que nous avons testée, Death Stranding atteint un niveau de réalisme jamais vu auparavant dans un jeu vidéo. L’intro nous plonge dans un décor naturel sublime. On s’est demandé s’il s’agissait d’images filmées ou du moteur 3D du jeu, photoréaliste à l’extrême. Spoiler : C’est bien le moteur du jeu ! Cerise sur le gâteau : Le jeu est une véritable prouesse technique mais il est aussi parfaitement optimisé. Ainsi, les chargements sont très rapides mais surtout, durant nos longues sessions, notre PS4 n’a pas fait le bruit d’un avion de chasse comme c’était le cas sur les dernières exclus Sony.

Pour réaliser Death Stranding, Kojima s’est aussi entouré d’un casting cinq étoiles. Des actrices et acteurs  hollywoodiens prêtent ainsi leur physique et leur voix aux personnages du jeu. On retrouve ainsi Norman Reedus (« The Walking Dead »), Mads Mikkelsen (« Casino Royale », la série « Hannibal »), Léa Seydoux (« 007 Spectre ») ou encore Guillermo del Toro. Tous sont parfaitement modélisés avec un niveau de détails jamais vu dans une production vidéoludique.

Au-delà des graphismes, Death Stranding brille aussi par sa bande-son. On y retrouve notamment le post-rock envoûtant de Low Roar qui vous accompagnera lors de vos longues traversées en solitaire. Un régal pour les yeux mais aussi pour les oreilles donc !

Sam, l’équilibriste

Les premières heures de jeu sont déstabilisantes. On découvre que Death Stranding est avant tout un simulateur de marche et de livraisons. Après avoir accepté une commande, vous allez devoir répartir la marchandise correctement sur votre dos, sur vos épaules et dans vos poches, tout en surveillant la limite de poids que vous êtes capable de transporter. Ensuite, c’est parti pour quelques kilomètres à pied. Votre premier ennemi sera l’environnement. Vous devrez veiller à garder l’équilibre, à ne pas pencher trop à droite ou à gauche, à ne pas trébucher sur une pierre ou pire encore à vous faire emporter par le torrent d’une rivière.

En gros, vous passez une bonne partie de votre temps avec les gâchettes L2 et R2 appuyées. Ces touches permettent à Sam de maintenir son sac à dos et de garder l’équilibre. Le risque ? En tombant, votre marchandise va se retrouver éparpillée sur le sol et sera sans doute abîmée, mais vous risquez de stresser « BB ». Ah oui, car on ne vous l’avait pas encore dit mais vous avez un bébé dans un capsule accroché à votre ventre ! Il permet de détecter les Echoués sur votre route, ces entités surnaturelles issues du monde des morts. « BB » est donc votre compagnon de route mais également une source des nombreuses interrogations du jeu. Vous devrez donc vous en occuper, notamment en le berçant (en secouant la manette) pour le calmer et qu’il arrête de pleurer.

Un simulateur de vie

Bien sûr, il n’y a pas que ça. Death Stranding est aussi … un simulateur de vie. Le héros doit uriner lorsque sa vessie est remplie. De retour dans une chambre privée, il doit aussi régulièrement prendre une douche et utiliser les toilettes. Quand on vous disait que Death Stranding était une expérience … particulière !

Ce réalisme poussé à l’extrême a aussi un côté dérangeant. Pour reprendre des forces, Sam doit boire une célèbre marque de boisson énergisante dont les canettes sont reproduites jusqu’au moindre caractère. De mémoire de joueur, on n’avait pas vu un placement de produit aussi interpellant depuis Quantum Break en 2016.

Le premier combat

Il nous aura fallu attendre 5h de jeu pour rencontrer notre premier combat du jeu. Et encore, ça consistait à assommer un membre des MULES, des terroristes qui volent les marchandises. Après 10h de jeu, nous possédons enfin notre première arme et nous avons la possibilité de construire notre premier véhicule. Les décors sont finalement très peu variés et les personnages rencontrés sont rares. On livre, encore et toujours. Notre bilan après 10h : 37 km parcouru (Sam marche dans le jeu comme un homme marcherait dans la vraie vie) et une tonne de matos transportée. On s’accroche, pour ne pas tomber mais aussi pour ne pas décrocher du jeu.

Finalement, c’est Sam qui, mieux encore que le joueur, semble avoir tout compris. Lorsqu’il se met en route après avoir reçu une livraison, on l’entend souvent dire « On recommence, encore et encore ». Comme lui, on a parfois eu envie de tout abandonner mais on s’accroche, comme envoûté par Death Stranding. On espère que le jeu évolue mais après 20h, c’est encore et toujours la même chose. On a relié un peu plus de la moitié des UCA. On a débloqué quelques équipements, véhicules et armes supplémentaires. Les combats contre les Mules et les phases d’infiltration contre les Echoués sont un peu plus présents mais le cœur du jeu reste les livraisons. Heureusement car si l’infiltration parmi les Echoués est réussie et incroyablement prenante, dès qu’ils se font avec des armes, les combats ne sont pas vraiment convaincants.

On ne peut pas vous en dire plus sur le déroulement du jeu au-delà des trois premiers chapitres (sur 15 !) mais sachez que Death Stranding réserve quand même quelques surprises. Il nous aura fallu 42h pour terminer le jeu avec au total 2,75 t de marchandises livrées et 161,7 km parcourus à pied. Comptez une vingtaine d’heures supplémentaires si vous comptez explorer les moindres recoins de Death Stranding et remplir toutes les missions secondaires.

Un jeu communautaire

Parmi les nombreuses bonnes idées de Death Stranding, il y a l’aspect communautaire du jeu. Ce n’est pas un jeu multijoueur et vous ne croiserez jamais l’avatar d’un autre joueur durant votre aventure. Et pourtant, les autres joueurs sont omniprésents dans le jeu. En effet, Death Stranding repose sur l’entraide et le partage entre les joueurs. Une fois que vous avez relié une zone de jeu au réseau UCA, vous pouvez voir et utiliser les échelles, les cordes, les ponts et les abris créés par une dizaine d’autres joueurs. Vous pouvez aussi participer en partageant et en aidant les autres. Il y a également le concept de casier partagé dans lequel vous pouvez laisser des marchandises, armes et accessoires mais aussi vous servir dans ce qui a été laissé dans les autres. Au final, tout cela fonctionne très bien et le concept est vraiment intéressant.

Un Truck Simulator version blockbuster ?

Bien sûr, il ne doit pas être réduit à ça mais Death Stranding nous a fait penser à un Truck Simulator mais en version blockbuster et avec beaucoup de moyens derrière. Vous savez cette simulation de camions dans laquelle il faut conduire pendant des heures pour livrer des marchandises. Death Stranding est une simulation de livraisons aux graphismes magnifiques avec plein de détails à gérer, comme le poids, l’équilibre mais aussi avec un vrai scénario derrière (même s’il risque de vous donner mal à la tête). C’est parfois un peu chiant mais c’est aussi terriblement additif. Ajoutez à cela quelques combats, des phases d’infiltration à couper le souffle (au sens littéral du terme) et un côté simulateur de vie et vous obtiendrez Death Stranding, la bizarrerie de l’année.

Notre verdict

Plus qu’un jeu, Death Stranding est expérience unique qui ne va laisser aucun joueur indifférent. Certains vont profondément l’adorer comme d’autres risquent de le détester. La création de Kojima ne d’adresse clairement pas à tous les joueurs. Elle demande beaucoup de temps, d’implication et d’attention. Mais ceux qui se laisseront prendre par l’univers de Death Stranding vivront une expérience unique, marquante, prenante et bouleversante.

Thomas Wallemacq

Découvrez la (très longue) bande-annonce de lancement de Death Stranding :

REVIEW OVERVIEW
Death Stranding sur PS4
SOURCEThomas Wallemacq