Des balades ornithologiques organisées dans un verger à Gerpinnes

Brigitte et Pierre Philippe exploitent la ferme Saint-Pierre à Gerpinnes. Sur 70 hectares, ils élèvent des vaches blanc-bleu belges et cultivent betteraves et céréales. Ils possèdent également un beau verger hautes et moyennes tiges anciennes variétés, dans lequel Alain Paquet, ornithologue Natagora, organise des balades ornithologiques.

Sur la ferme, toute une série de mesures sont mises en place pour la biodiversité : préservation des haies, bandes anti-érosives, tas de bois, aucun épandage sur les prairies, mare au sein d’une belle aulnaie… Brigitte et Pierre ont abandonné le maïs, trop mauvais pour la biodiversité, pour le remplacer par des prairies temporaires. Au verger, les reinettes galopins, duchesses d’Angoulême et autres boskoops dorées murissent sous la surveillance d’un petit troupeau de moutons. Et tout ça est fait par conscience du besoin de préservation de la nature. « Le système de primes est compliqué à mettre en place, explique Brigitte, alors, on fait la même chose que les mesures subventionnées, mais sans convention... »

Ph. Laurent Malbrecq

 

« La biodiversité est importante dans le verger »

Et le résultat est là : Alain confirme la présence de rougequeues noirs et à front blanc, de faucons crécerelles, de bruants jaunes et de chouettes chevêches, que Brigitte et Pierre affectionnent particulièrement. Sur le conseil d’Alain, ils ont d’ailleurs rajouté une planche dans l’abreuvoir pour éviter qu’elles ne s’y noient. Alain explique qu’elles s’attaquent par ailleurs aux hannetons qui peuvent faire des dégâts dans les houppiers. « La biodiversité est importante dans le verger, la pomme ne vient pas toute seule », expliquent les agriculteurs. Il est donc important de favoriser les insectes pollinisateurs, mais également de combattre – naturellement – les campagnols qui grignotent volontiers les racines. Pour ce faire, buses et crécerelles sont les meilleures armes. De même, une série de poules gambadent dans une haie de noisetiers pour combattre le balanin des noisettes.

Tournés vers les coopératives

Face au gigantisme de l’agriculture actuelle, Brigitte et Pierre se tournent vers les coopératives, le circuit court, mais sont effarés face à l’entrée en bourse des matières premières comme le froment. Alain les rejoint aisément : il n’y a aucune vue politique agricole à long terme. Les deux agriculteurs sont cependant heureux de voir que les jeunes du village sont conscientisés à toutes les mesures qu’ils mettent en place. Leurs enfants eux-mêmes sont résolument anti-pesticides, par exemple.

L’agriculture est une superbe opportunité d’offrir de l’espace à la biodiversité. Les relations entre agriculteurs et naturalistes sont hélas biaisées de longue date. À travers le projet #Reconnect, Natagora veut mettre en avant et multiplier les collaborations sereines et bienveillantes. www.natagora.be/reconnect

 

Benjamin Legrain