Le papier toilette, un problème écologique grandissant

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Objet indispensable à notre quotidien le papier toilette a un impact écologique de plus en plus important et participe chaque instant à la déforestation. S’il semble difficile de s’en passer, des solutions durables existent pourtant.

Combien de secondes utilisez-vous une feuille de papier toilette? Deux, trois, cinq peut-être? Cet objet indispensable à notre quotidien est de ceux que l’on jette quasi immédiatement après usage unique. Inventé en Chine au 5e siècle, son utilisation ne se popularise dans nos régions qu’après la seconde guerre mondiale. Pourtant, aujourd’hui, dans nos pays occidentaux, rares sont ceux qui savent s’en passer.

En Belgique, ce sont 480 millions de rouleaux qui sont chaque année déroulés et puis jetés dans nos cuvettes. En moyenne, un ménage utilisera 120 rouleaux par an. Un seul européen utilise en moyenne treize kg de papier hygiénique chaque année.

Chaque jour, 27.000 arbres partis dans nos cuvettes

L’industrie s’est forcément emparée de la demande d’un produit «indispensable». Les marques rivalisent d’imagination pour proposer des rouleaux de toutes les gammes. Dans les rayons des supermarchés, on a l’embarras du choix. Papier molletonné, ultra-moelleux, ultra-confortable… Une, deux, trois voire cinq couches d’épaisseur vous promettent d’assurer la douceur pour votre postérieur. Ces papiers hygiéniques «de luxe» coûtent certainement plus cher pour votre porte-monnaie, mais leur coût environnemental est lui aussi nettement plus élevé.

D’après des chiffres du Worldwatch Institute et du WWF, au niveau mondial, ce sont 27.000 arbres par jour qui disparaissent dans nos cuvettes. La demande grandissante pour les rouleaux de papier toilette ultraconfort engendre donc une déforestation importante.

Les consommateurs américains restent particulièrement friands de ces rouleaux extra-doux, molletonnés et multicouches. Ainsi, aux États-Unis, 98% des rouleaux de papier hygiénique sont fabriqués à partir de bois vierge, selon Greenpeace. Une surexploitation forestière massive résulte donc du succès de ces rouleaux de luxe. «Fabriquer du papier hygiénique en bois vierge est bien pire que de conduire un Hummers, en termes de pollution et de réchauffement climatique», pointait déjà en 2009 Allen Hershkowitz, chercheur au Natural Resources Defence Council. Une comparaison choc, mais qui a le mérite d’être parlante.

En Europe et en Amérique latine, en revanche, 40% du papier toilette provient pour l’instant de produits recyclés. Une tendance qui, malheureusement, n’est pas à la hausse.

De moins en moins écolo

En effet, une étude, réalisée par le Ethical Consumer magazine et récemment relayée par le Guardian, alertait sur la tendance des marques à se défaire du papier recyclé. Celles-ci produisent de plus en plus leurs rouleaux à partir de fibres vierges, encourageant une déforestation inutile.

Et cet impact environnemental est sans compter sur les emballages en plastique, les parfums et colorants chimiques… Ce qui les rend aussi moins biodégradables. La production même d’un rouleau nécessite des ressources énormes. En papier (et donc en arbres), mais aussi en eau: pour fabriquer un seul rouleau, 140 litres d’eau sont nécessaires, toujours d’après le Wolrdwatch Institute. En outre, il faut ajouter au bilan environnemental l’énergie et les émissions dues au transport et au stockage.

Oriane Renette