Léonard de Vinci en majesté au Louvre

AFP / François Guillot

Cinq cents ans après la mort de Léonard de Vinci, le musée du Louvre a inauguré ce jeudi la plus grande exposition jamais mise sur pied autour de l’œuvre du génie de la Renaissance, qui s’annonce d’ores et déjà comme un succès populaire.

Près de 162 peintures, dessins, sanguines, manuscrits, sculptures, objets d’art ont été réunis à l’issue d’un travail titanesque de dix ans. Seulement onze des quelque vingt tableaux attribués au maître y figurent.

Mais ils sont mis chacun magistralement en valeur par le reste des oeuvres qui les environnent et contribuent à en expliquer la genèse. « Il n’a rien publié, très peu peint, ses tableaux sont restés inachevés… Pourtant les gens étaient fascinés. C’est à l’image de sa vie », résume Vincent Delieuvin, conservateur du département des peintures du musée parisien et un des deux commissaires. Déjà plus de 180.000 tickets avec créneaux horaires ont été réservés.

Casque sur la tête, le visiteur pourra aussi contempler la Joconde et lui sourire « en vrai » dans un petit film de réalité virtuelle qui la restaure dans sa luminosité première, sans la patine jaune du temps.

Cette rétrospective est construite selon une scénographie ample, didactique: elle se veut un voyage dans la personnalité foisonnante de ce peintre italien protégé des princes, déjà célèbre, célébré et commenté en son temps. Un personnage qui fait toujours l’objet de beaucoup de légendes, de livres et de fantasmes.

L’exposition est riche en dessins remarquables, en documents et croquis passionnants, ainsi que des oeuvres d’autres artistes de la Renaissance. Elles le restituent dans une époque agitée, où il circulera entre Florence, Milan, Mantoue, Venise, Rome et enfin la France.

Une technique éblouissante

AFP / François Guillot

Des réflectographies infrarouge à la taille des tableaux révèlent les différentes étapes de leur conception: Léonard retravaillait ses sujets parfois durant quinze ans, et les laissaient inachevés. Chaque peinture est une histoire, souvent riche en significations, en symboles, en non-dits, en hésitations. Chaque geste, chaque doigt signifie quelque chose.

L’expression des sourires a de multiples sens. Ainsi son « Saint Jean-Baptiste »: grâce au « sfumato » (procédé technique qui estompe les contours et les détails) le prophète qui annonce la venue du Christ « sort à la fois de l’obscurité et retourne au même moment dans l’ombre » une fois son message proclamé, souligne Vincent Delieuvin. Signification forte, « éblouissant techniquement! ».

Très exigeant, Léonard mettait la science au service de la peinture, afin de donner de l’homme et de la nature la vision la plus précise et la plus approfondie possible. L’exposition, insiste-t-on au Louvre, veut montrer que la peinture était essentielle et non secondaire pour Léonard : un aboutissement visuel de ses recherches scientifiques, et non le contraire.

AFP / François Guillot