Le secteur financier face à la pénurie

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Malgré la réduction des effectifs due à la numérisation, le métier de spécialiste en banque et assurances connaît une sérieuse pénurie, pointe l’expert en recrutement Hays.

L’univers des banques et des assurances attire de moins en moins, que ce soit les starters ou de travailleurs aguerris, constate Hays, expert en recrutement. Une multitude d’offres d’emploi dans le secteur ne trouve aucun candidat. Les métiers de conseiller assurance et conseiller financier bancaire figurent d’ailleurs sur la liste des métiers en pénurie du Forem.

Pourtant, au vu du nombre de postes vacants, les jeunes qui suivent ce type de formation sont certains de décrocher un emploi très rapidement, voire même quasi immédiatement sur leur lieu de stage. Or, de moins en moins d’étudiants s’inscrivent dans ces filières, que ce soit à l’université ou dans les hautes écoles, constate avec surprise Lien Vanquickenborne, experte en recrutement Banking & Insurance chez Hays.

Profils spécialisés

De plus, si les jeunes diplômés sont de moins en moins nombreux, les profils recherchés par les employeurs exigent souvent un haut degré de spécialisation. « Un changement de cap s’opère. Là où nous avions autrefois besoin de généralistes, la demande de spécialistes atteint des sommets. Les spécialistes en placement sont les plus convoités. Les offres d’emploi de spécialistes en matière de crédit suivent de près. Et compte tenu de l’engagement du monde financier dans le secteur des assurances, nous voyons aussi la demande d’experts en assurances grimper en flèche », détaille Lien Vanquickenborne.

Si les opportunités sont nombreuses dans ce secteur en mutation, qu’est-ce qui retient les jeunes talents de s’y engouffrer ? Selon l’experte, la crainte d’une nouvelle crise économique et financière, la dégradation de l’image des banques et courtiers d’assurances en 2008 et la numérisation sont les facteurs à l’origine de ce délaissement.

Les défis de la numérisation

L’univers financier est, comme tous les secteurs aujourd’hui, confrontés aux défis de la numérisation. Applications, achats en ligne, live-chats, conseils et simulations prodigués en ligne grâce à des algorithmes … autant d’innovations au détriment des emplois humains.

Toutefois, peu importe à quel point les machines deviennent performantes, ou les services pointus, les citoyens apprécieront toujours d’avoir affaire à leur propre conseiller pour les décisions importantes. « S’ils doivent prendre des décisions comme trouver un prêt pour acheter une maison et souscrire les assurances afférentes ou gérer leur patrimoine, les clients apprécient rencontrer en personne leur conseiller. Un spécialiste en la matière, quelqu’un qu’ils connaissent et en qui ils ont confiance », souligne Lien Vanquickenborne de Hays.

Pourtant, à première vue, les nouvelles réalités qu’impose la numérisation ne sont pas des plus réjouissantes pour le secteur. Pour beaucoup, elle rime avec restructuration et perte d’emplois. Les exemples belges et européens ne manquent pas ces dernières années : ING, BNP Paribas Fortis, Belfius, Deutsche Bank et dernière en date, mais non des moindres : la restructuration chez KBC avec 1.400 emplois supprimés dans les trois prochaines années.
À l’inverse, la numérisation peut aussi être synonyme d’opportunités. Dans le domaine financier comme ailleurs, elle révolutionne le quotidien de nombreux travailleurs. Ainsi, elle crée de nouveaux emplois et donne également l’occasion de se réinventer. L’expert en recrutement Hays le maintient : ce secteur reste porteur de perspectives d’avenir pour celui qui entend créer l’univers financier de demain.