Faute de données, le KCE dans l’impossibilité d’évaluer l’offre de soins en santé mentale

Le centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) ne peut évaluer la correspondance de l’offre en soins de santé mentale avec la demande pour la simple et bonne raison qu’il n’existe pas de chiffres fiables sur les besoins dans ce domaine, explique-t-il mardi dans un communiqué. Pour le KCE, il doit être prioritaire de mettre en place « des systèmes efficaces d’encodage » pour pallier ce manque. En 2016, autorités de santé fédérales et fédérées ont décidé de se focaliser davantage sur les soins de santé mentale dispensés au sein de la communauté. Le but: que les patients puissent être traités dans leur environnement familier et reprendre facilement « le cours de leur vie ». Dans ce contexte, il a été demandé au KCE de dresser un état des lieux des soins de santé mentale pour les adultes.
Une tâche que le KCE n’a pu accomplir car il n’existe pas de chiffres fiables sur les besoins en santé mentale. Impossible dès lors de vérifier si l’offre actuelle est suffisante, s’il existe des doubles emplois et si toute personne souffrant d’un problème de santé mentale reçoit les soins nécessaires.
Le KCE estime qu’il doit être « prioritaire de mettre en place des systèmes efficaces d’encodage des chiffres relatifs aux problèmes de santé mentale, aux soins nécessaires, à l’offre et l’utilisation de ces soins, etc. »
En attendant l’arrivée des chiffres, le centre fédéral recommande déjà de clarifier les points d’accès aux soins et à l’information. Il a en effet été constaté que les soins de santé mentale proposés en Belgique sont divers, complexes, peu visibles et lisibles. Ces points d’accès pourraient être des médecins généralistes, des maisons médicales, des CPAS, etc. Il suggère qu’à terme, l’ensemble des informations sur l’offre de soins de santé mentale et physique soient réunies sur un portail en ligne.
Le KCE préconise également de renforcer l’offre de soins dans l’environnement proche des personnes concernées et de la rendre financièrement plus accessible.
Enfin, le KCE conclut que pour mieux prévenir les problèmes de santé mentale et permettre leur prise en charge précoce, il faut éliminer les stigmatisations dont ils font l’objet, « tant dans la population en général que chez les employeurs, et chez les soignants eux-mêmes ». Campagnes médiatiques et intégration de la santé mentale dans les programmes d’enseignement général et les formations des prestataires de soins, peuvent être des outils pour aboutir à cette déstigmatisation.

Source: Belga