La série South Park dans le viseur de Pékin

Capture South Park

La série d’animation South Park, connue pour son côté potache et provocateur, était mardi quasi introuvable sur l’internet chinois après la diffusion d’un épisode aux Etats-Unis se moquant ouvertement de la répression contre les opposants politiques en Chine.

Le dessin animé, qui en est cette année à sa 23e saison, offre un regard sur la société américaine au travers d’un humour absurde, de parodies et d’un ton sarcastique, sujets aux controverses.

Le dernier épisode en date, intitulé «Band in China», s’en prend aux entreprises américaines prêtes à tout pour se faire une place sur l’immense marché chinois, quitte à devenir complaisantes envers Pékin.

Il dépeint le travail forcé dans un lieu de détention chinois et parodie des entreprises qui cèdent à la censure à des fins commerciales.

«Vaut mieux pas trop défendre l’idéal de liberté quand on veut téter les lolos de la Chine», déclare un personnage de l’épisode.

Épisode censuré ?

Mardi, les recherches pour «South Park» sur Weibo, l’équivalent chinois de Twitter, et sur le site de critique de films et de livres Douban ne donnaient aucun résultat. Quelques sites de streaming vidéo renvoyaient toujours sur des épisodes, mais ils ne pouvaient être visionnés.

« Comme la NBA, nous sommes heureux d’accueillir les censeurs chinois dans nos coeurs »

L’incident survient alors que la NBA (ligue américaine de basket-ball) et sa franchise des Houston Rockets font face à de vives critiques en Chine pour un tweet d’un dirigeant du club soutenant les manifestants pro-démocratie à Hong Kong.

La NBA et l’équipe de basket se sont toutes deux empressées de se désolidariser de ces propos, suscitant une polémique aux Etats-Unis.

Sur Twitter, les créateurs de South Park, Trey Parker et Matt Stone, ont publié d’ironiques excuses pour leur épisode chinois. «Comme la NBA, nous sommes heureux d’accueillir les censeurs chinois dans nos foyers et nos coeurs», ont-ils assuré. «Nous aussi nous aimons l’argent plus que la liberté et la démocratie.»

Ces dernières semaines, de nombreuses entreprises étrangères – compagnies aériennes, marques de luxe ou encore constructeur automobile – se sont attirées les foudres de Pékin pour avoir touché à un sujet politiquement sensible.