Travailler en Brabant wallon

Ph. Belga / E. Lalmand

Dans l’imaginaire collectif, le Brabant wallon semble être la province la plus prospère de Wallonie. Le BW, comme on l’aime à l’appeler, contribuait en effet, en 2016, à 17,1 % du produit intérieur brut wallon, alors qu’il ne recensait que 11,07 % de la population de la région. Cela représentait près de 16,815 milliards €, un chiffre en hausse de 88 % par rapport à 2003. Le Brabant wallon peut donc très clairement afficher un dynamisme économique.

La province du Brabant wallon a surtout vu croître sur son territoire les secteurs des services et des industries pharmaceutiques. Selon les chiffres de l’ONSS, près de 11.145 sociétés sont établies dans la province, ce qui représente près de 129.700 postes de travail. En outre, près de 4.000 starters s’étaient inscrits en 2017 à la Banque Carrefour des entreprises, soit dix starters pour 1.000 habitants. Une fois lancée, elle semble fonctionner puisque près de 70 % des sociétés lancées en 2013 étaient encore actives cette année. Ce « taux de survie » à 5 ans est le plus important des taux calculés pour l’ensemble des provinces belges.

En cinq ans, le BW a vu croître le nombre de postes de travail de 6,2 % et celui des entreprises de 11,8 %, ce qui est bien plus élevé que sur l’ensemble de la Wallonie. Sur la même période, l’emploi indépendant a en outre grossi de 14,5 % en cinq ans, un chiffre bien au-delà de la moyenne wallonne (+10,3 %). Au 31 décembre 2017, les indépendants représentaient 17,5 % des 15-65 ans dans le BW, alors qu’ils ne représentent que 11,8 % de la population wallonne en âge de travailler.

Près de 41,3 % des indépendants de la province exercent en outre une profession libérale, contre 33 % en Wallonie. Avec ses 42.251 €, le PIB par habitant de la province est la plus élevée des valeurs enregistrées dans les 20 arrondissements wallons, ce qui équivaut à plus du double de celui des arrondissements d’Ath, Soignies, Virton ou encore Waremme.

Des secteurs de pointe

En 2016, 70 % de la valeur ajoutée dans le Brabant wallon étaient générés par le secteur des services, 26,2 % par le secteur industriel et 3,4 % par le secteur de la construction. Une province particulièrement appréciée par les industries pharmaceutiques. Ce seul secteur représentait en effet, en 2016, près de 17,6 % de sa valeur ajoutée. Le Brabant wallon produit 90,5 % de la valeur ajoutée du secteur pharmaceutique en Wallonie et 39,6 % de la valeur de ce secteur pour la Belgique tout entière.

Plus globalement, la part des secteurs Recherche et Développement et activités scientifiques a d’ailleurs plus que doublé entre 2012 et 2016. Parmi les secteurs en pleine évolution, il faut notamment citer la production de produits informatiques, électroniques et optiques, ainsi que la production et distribution d’électricité, de gaz, d’eau et d’air conditionné. Les activités financières et d’assurances sont, en outre, plus représentées dans le BW qu’en Wallonie.

La province dispose en effet d’une meilleure productivité que la Région et le pays sur des secteurs de haute technologie, alors que la plus faible productivité porte sur des secteurs plus traditionnels, tels que la fabrication mécanique, les denrées alimentaires ou le textile. C’est donc dans les secteurs de pointe que la province recrute plus volontiers, même si elle est confrontée depuis quelques années à une pénurie de professeurs dans l’enseignement fondamental et secondaire, notamment en langues, en sciences et en français.

Un carrefour

Si la région bruxelloise voit débarquer tous les matins des dizaines de milliers de navetteurs, le Brabant wallon n’est pas en reste pour autant. Sur les 124.000 salariés ayant travaillé dans le BW en 2016, près de 47,1 % de ceux-ci résidaient dans la province. Mais 34,3 % habitaient dans une des quatre autres provinces wallonnes, alors que 9,2 % venaient de Bruxelles et 8,5 % de la Flandre.

En 2015, le Brabant wallon totalisait 22,5 % des montées et descentes dans les trains en Wallonie. La gare d’Ottignies et l’ensemble des gares et points d’arrêt de la commune y étaient les plus fréquentés de Wallonie. Enfin, le TEC Brabant wallon, c’est près de 80 lignes de bus qui représentent un réseau global de 1.725 kilomètres, avec un arrêt environ tous les kilomètres.