Investir pour la planète en accord avec les objectifs des Nations unies

ULISES RUIZ / AFP

En 2015 la communauté internationale s’est fixé un plan d’action pour mettre fin à la pauvreté, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous: les Objectifs du Développement Durable. (ODD, aussi appelés SDG). L’enjeu est énorme: 5.000 à 7.000 milliards $ par an, ce sont les montants nécessaires, annoncés par la CNUCED (Nations Unies), pour réaliser ces objectifs. Les besoins d’investissement pour les SDG sont immenses. Cela crée un large éventail d’opportunités pour les investisseurs comme pour les entreprises.

Inverser la tendance

D’un côté les marchés financiers captent la majorité des investissements qui servent à abreuver la bourse et la spéculation. De l’autre s’accumulent des besoins criants en infrastructures et des solutions provenant de start-ups en recherche de capital. Réorienter les financements est essentiel afin que les SDG deviennent un moteur essentiel de la croissance économique mondiale. De nombreuses branches d’activités peuvent en effet contribuer à la réalisation de plusieurs objectifs. Dans les pays en développement, des entreprises apportent de l’innovation pour améliorer, par exemple, l’accès à l’électricité ou à l’eau. Ils appuient ainsi un ou plusieurs des 17 SDG, à l’instar de Greenlight Planet, le leader mondial des produits d’énergie solaire. Cette entreprise rencontre une croissance de près de 100% depuis 2010 et ses actionnaires créent non seulement des rendements financiers, mais aussi de l’emploi et de l’impact positif pour toutes les familles qui bénéficient de ses lampes.

Un éventail de possibilités

Avec un encours de plus de 80.000 milliards dans le monde et de plus de 250 milliards€ en Belgique selon Novethic, les sociétés d’investissement ont un rôle clef à jouer dans la réalisation des SDG. Pour ce faire, le développement de l’impact investing et de l’ISR (Investissement socialement responsable) constitue une réponse. Différents labels permettent d’identifier ces placements responsables et de garantir leur caractère engagé, comme par exemple le label Financité/FairFin. Mais qui dit ISR dit entreprise côtée en bourse, donc favorisant la spéculation. C’est pourquoi en parallèle d’autres acteurs permettent d’investir dans de plus petites structures, plus nombreuses et non dépendantes des marchés boursiers. Basée en Belgique, par exemple, Alterfin est une institution financière reconnue qui aide les personnes vivant dans les pays en développement à avoir une activité économique. À travers le financement des particuliers belges, elle octroie des microcrédits à des entrepreneurs, des agriculteurs locaux et des associations dans les pays les plus pauvres. Touchant 2,5 millions de personnes à travers ses prêts, Alterfin a un énorme impact dans les pays en développement et invite tout citoyen à y contribuer.

En Belgique, les SDG au cœur des entreprises

Plus localement, il est aussi possible d’investir au capital d’entreprises belges qui contribuent à atteindre les SDG, en mêlant rentabilité, impact et parfois réduction financière (grâce au tax-shelter). Ceci peut se faire à travers des coopératives d’épargne comme Crédal ou CitizenFund, ou bien plus directement à travers du crowdfunding comme LITA.co ou des appels publics à l’épargne. De plus en plus de start-ups belges apportent effectivement leurs solutions aux SDG: les greentechs, les cleantechs, les entreprises sociales… Et ces entreprises comptent sur le financement des particuliers pour ancrer leur croissance. On compte par exemple 25.000 coopératives sur le territoire belge qui sont actives dans tous les domaines et qui font appel à l’épargne pour financer des projets porteurs de sens.

Réorienter les investissements pour changer le monde

On a vu cet été les pays en développement renvoyer des conteneurs entiers de déchets non recyclables vers la France ou le Canada. Un signal fort qui montre que les pays pauvres ne sont pas la poubelle des plus riches, et une prise de conscience collective que le système doit changer. Au cœur de cela, la finance. En effet, les modes de production sont liés aux investissements qu’on y consacre. Pour produire plus vert, il faut investir plus vert également. Un sacré défi auquel la finance éthique veut s’atteler. Et elle ne le fera pas sans les citoyens.