Après la microbrasserie, place à la microdistillerie

Serait-ce une nouvelle tendance? Les distilleries, cela ne court pas les rues en Belgique. Mais quelque chose nous dit que les adresses vont se multiplier, à l’image de la «Brussels Distillery», qui a pris ses quartiers il y a trois mois à Schaerbeek.

On y fabrique de la vodka, la seule fabriquée à Bruxelles, ainsi que du gin, des hydrolades et des sirops. «J’ai commencé à distiller moi-même à l’adolescence en m’inspirant de mes cours de science. C’est un hobby qui a dégénéré en fait!», confie Alexis Brabant, fondateur de la Brussels Distillery. Et en matière de transformation de sucre en alcool, le jeune homme n’est pas novice. En effet, il a déjà ouvert une microbrasserie il y a quelques années à Ophain dans le Brabant Wallon: la Brasserie du Lion.

Une nouvelle tendance…

Entraînée par l’engouement du consommateur pour le local et l’artisanal, la distillerie pourrait bien redevenir une spécialité chez nous (le gin est originaire de nos contrées, vous ne le saviez pas?). C’est ce que pense en tout cas Alexis Brabant: «selon moi, cela va suivre la même trajectoire que les microbrasseries dont le boom, qui a commencé aux États-Unis, a ensuite pris chez nous. Maintenant, ce sont les distilleries qui pullulent dans les villes américaines et probablement que l’on va en voir naître beaucoup chez nous aussi.» Et tout comme les bières, les saveurs des alcools distillés peuvent varier à l’infini, suivant les modes de fabrication et les ingrédients utilisés.

… et de nouvelles saveurs

Expérimenter est l’ADN de ces microdistilleries. Les installations de la Brussels Distillery font d’ailleurs penser aux boîtes de petits chimistes que l’on reçoit enfant et l’on comprend vite l’attrait fascinant des mélanges et des transformations… Il y a un peu de magie là-dedans! Leur gin et leur vodka sont créés à partir de froment, distillés une première fois puis une deuxième fois (on chauffe le liquide et une partie va s’évaporer, cela permet de séparer des molécules grâce à la différence de volatilité: les molécules s’évaporent à des températures variables. Ici, en l’occurrence, l’alcool va s’évaporer puis se recondenser pour donner l’alcool blanc de base).

L’alcool ainsi obtenu va ensuite reposer en cuve pendant deux semaines, sur du chêne américain et du charbon actif. Leur vodka a un petit goût original de vanille. Leur gin, quant à lui, est agrémenté d’un mélange d’épices. Le résultat est très parfumé. Alexis et son père, Serge, qui met également la main à la pâte, préparent aussi des sirops à ajouter à leurs alcools. Ils ont ainsi créé plusieurs idées de cocktails tels que le «White Elephant» avec du sirop à base de chocolat blanc, crème et menthe ou encore le «Cosmopolitan» à base de sirop de canneberge.

Le durable en fil conducteur

L’idée est évidemment de proposer de plus en plus de solutions durables et circulaires. Outre les bénéfices d’une empreinte écologique quasi nulle pour le transport puisqu’elles viennent du bout de la rue, les bouteilles en verre sont consignées. Pour le moment, leur production peut être dégustée dans plusieurs établissements horeca bruxellois comme le 1030 Café, le Wahis, le Python ou le Zinneke. Alexis et son père ont bien envie de concocter également du vermouth, voire de l’absinthe!

Nichée au bout d’une petite allée fleurie, la Brussels Distillery avec ses locaux aux airs de yacht-club de surfeurs australiens, peut être rejointe par d’autres acteurs de la distillerie, comme l’a déjà fait Antoine de Menten avec sa marque d’hydrolades «Simone a Soif». Il a décidé d’y distiller une partie de ses boissons à base de plantes et de fruits.

Lucie Hage

www.brusselsdistillery.be