Comment réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 % d’ici 2030 ?

AFP / P. Seeger

Pour limiter le changement climatique, il apparaît indispensable de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50% minimum d’ici 2030. Tour d’horizon du changement de vie quotidienne à venir au cours de la prochaine décennie.

On n’a plus le choix: pour limiter la surchauffe climatique, il faudra réduire à quasiment rien nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Pour y parvenir, les scientifiques recommandent de viser une diminution de 50% d’ici 2030. Cela ne sera pas sans conséquence sur la vie quotidienne. Bonne nouvelle: cela n’exigera pas de perdre tout notre confort. Il faudra tout de même revoir pas mal de comportements, qui sont parfois profondément ancrés dans nos habitudes.

La première étape est de comprendre quelles sont nos activités qui émettent des gaz à effet de serre, et dans quelle mesure. Actuellement, un Belge émet en moyenne 12 tonnes de CO2 par an. L’alimentation, le transport terrestre, et le chauffage, sont les principales sources d’émissions. C’est donc sur ces secteurs que devront se porter les principales actions, individuelles ou collectives, pour ramener la moyenne des émissions à 5,4tonnes par Belge en 2030. Cela veut dire économiser près de 550 kg de CO2 par an.

Une réduction progressive

Pour parvenir à une diminution importante de nos émissions de CO2, Ecoconso propose un plan d’action sur dix ans. «On doit mettre en place une action par an qui permet d’économiser 700 kg environ les premières années. Ensuite, on conserve l’action précédente et on y ajoute une nouvelle chaque année», conseille l’asbl.

Première recommandation de la part de l’organisation: baisser son chauffage. Consommer 20% de chauffage en moins permet d’économiser 790 kg de CO2 par an. Cela requiert de changer quelques habitudes, comme porter un pull dans la maison ou s’enrouler dans un plaid le soir dans le canapé. Ecoconso recommande ensuite rouler 5.000 km de moins par an. Là encore, ce qui peut sembler compliqué au premier abord peut en fait être relativement simple, en ayant recours au train pour certains trajets, par exemple. Au cours des années suivantes, il faudra encore opter pour un fournisseur d’électricité verte et réduire sa consommation, éviter un vol moyen par an (jusqu’à 2.000 kilomètres, qui peut donc se faire en train si le déplacement est indispensable), isoler une vingtaine de mètres carrés de sa toiture ou des murs de son habitation, remplacer sa chaudière à mazout, acheter moins de vêtements neufs, limiter sa consommation de viande à deux ou trois repas par semaine…

La responsabilité collective

L’action des particuliers est importante pour réduire les émissions de CO2. Mais elle sera inutile sur les pouvoirs publics et les entreprises ne suivent pas. Des progrès ont déjà été enregistrés et il faudra aller plus loin.

Les pouvoirs publics devront orienter les choix des consommateurs. Cela peut se faire par la réglementation, en interdisant les pratiques les plus nocives (de la même manière que les sachets en plastique à usage unique ont déjà été interdits). Cela peut aussi se faire avec des mesures initiatives, comme la réduction de la TVA sur les vélos, des bonus pour les employés qui se rendent au travail en transports en commun…

Les entreprises, elles, devront se tourner vers des modèles de production bas carbone. Beaucoup redoutent alors une concurrence déloyale de la part de pays moins exigeants, qui mènerait à des pertes d’emplois. Elles pourraient avoir besoin du soutien des pouvoirs publics, via l’introduction de mécanismes de protections pour les productions européennes. La taxe carbone est l’un des dispositifs possibles. Les économistes mettent aussi en avant les atouts d’une transition vers une économie bas carbone. Le secteur de la construction sera le plus positivement impacté: les besoins massifs en rénovation permettront de créer de nombreux emplois. Au total, les économistes estiment que la transition énergétique pourrait permettre de créer près de 80.000 emplois en Belgique.

(cg)

Rationner la consommation, l’ultime solution
C’est l’arme ultime pour lutter contre le réchauffement climatique: encadrer la consommation. On pourrait ainsi imaginer n’autoriser qu’un vol long-courrier par personne tous les cinq ans, comme on le voyait sur une publication fixant les critères pour stopper le changement climatique et devenue virale sur Facebook. Ou encore n’autoriser qu’un kilo de vêtements neufs par an, n’accepter que la construction d’habitats collectifs et non plus de maisons individuelles… Cela aurait un effet fort sur le changement climatique. Mais faire accepter politiquement de telles mesures sera plus compliqué. La seule chose qui est certaine est qu’il faut urgemment réduire les émissions de CO2 pour espérer ne pas en arriver à des solutions aussi drastiques.

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Contre les émissions dues au transport, la FEB veut des infrastructures de qualité
«La congestion routière en Belgique est désormais un fait avéré», constate la FEB, qui estime qu’il est du ressort du gouvernement d’agir. Dans le cadre de la semaine de la mobilité, la fédération patronale formule à nouveau quelques propositions en matière de mobilité. Elle recommande ainsi d’investir dans les infrastructures afin de disposer d’un bon réseau d’infrastructures confortables, sécurisées et intelligentes; de promouvoir et stimuler l’innovation des modes de propulsion alternatifs (électrique, hydrogène…); d’optimiser les réseaux de transports en commun actuels, en réfléchissant à assurer des axes structurants avec une vitesse commerciale plus importante, et des réseaux secondaires qui rejoindraient ces axes structurants.

BELGA PHOTO CAMILLE DELANNOIS