Taylor Swift en toute intimité

Noam Galai/Getty Images/AFP

«Taylor, Taylor, Taylor». C’est sous ces mots, hurlés et scandés à pleins poumons par près de 2.000 «Swifties» purs et durs que Taylor Swift est montée sur scène à Paris. La salle mythique de l’Olympia, où se sont aussi produites des pointures comme Edith Piaf et Jacques Brel, accueillait une des stars mondiales absolues de ce 21e siècle, venue présenter son nouvel album «Lover». Metro y était.

Avec des rentrées estimées à 170 millions $, Taylor Swift a été l’année passée la célébrité la mieux payée au monde. Et, manifestement, le concept de vivre de ses rentes doit lui être complètement étranger parce qu’elle a sorti dans la foulée «Lover», un nouvel album. C’est déjà le septième opus de TayTay. Pour marquer le coup, la chanteuse américaine de 29 ans a débarqué dans la ville de l’amour pour son concert «City of Lovers». Le concept était quelque peu inhabituel: au lieu de vendre des tickets, ils ont été décernés aux gagnants d’un concours organisé dans 37 pays. La salle était donc bourrée de «Swifties» purs et durs, revêtus de leurs plus beaux atours en provenance du merchandising et agitant des pancartes sur lesquelles ils avaient écrit des messages.

Une interprétation musclée

Avec six musiciens et quatre choristes, Taylor Swift est montée sur scène avec un bon quart d’heure académique de retard. Elle a débuté son concert avec «Me!», un des singles les plus accrocheurs de son nouvel album. Malgré l’hystérie qui s’était emparée des spectateurs à l’avant, la taille de la salle a permis aux autres spectateurs d’entendre sa voix. Elle a ensuite accueilli le public d’un «Bonsoir Paris, enchantée!», ce qui a ravi le public français.

Ensuite, place aux anciens hits «Blank Space» et «I knew you were trouble», et à un court «Throwback Thursday», soit un «grand déballage du jeudi», même si nous n’étions que lundi. La salle était électrisée, surtout sur «Trouble». L’interprétation était musclée. Les musiciens ont mis chaos la salle et «TayTay» nous a ramenés à la vie en balançant les hanches et secouant la tête.

«L’amour, c’est le chaos»

Taylor Swift a une impressionnante liste d’ex-petits amis, et chaque rupture est suivie d’une chanson pour enfoncer encore un peu plus le pauvre type, comme dans «I knew you were trouble», qui parlerait de John Mayer. «L’amour, c’est le chaos», a-t-elle déclaré à ce propos à Paris. «Il suscite une grande variété de sentiments, de l’angoisse de perdre l’autre à l’extase». Dans son choix de chansons, elle a aussi essayé de représenter ces différents sentiments.

Après «The Archer» et «Delicate», tirés du nouvel opus, il était temps de passer à du tout grand acoustique. «J’étais très impatiente de jouer ses chansons pour la première fois en live», a déclaré Taylor Swift. «Et je pense que c’est peut-être mieux de tout simplement les faire en acoustique, qui est aussi la façon dont je les ai écrites.» Aussitôt dit, aussitôt fait. Les jeunes fans ont pu chanter tous les mots tant de «Death by a thousand cuts», «Cornelia Street» que «The man», des titres vieux de quelques semaines seulement.

L’ambiance en grande partie intimiste du concert offrait un contraste saisissant avec sa tournée «Reputation» de l’année passée. Elle avait joué à l’époque dans des stades sold-out avec des chorégraphies spectaculaires, d’innombrables changements de tenues, un feu d’artifice et un énorme cobra qui circulait sur la scène. Show démesuré ou soirée intimiste, TayTay peut tout faire!

Des fans comblés

Après la guitare, elle s’est glissée derrière un piano à queue, poussé à la vitesse de l’éclair sur scène par une poignée de gars costauds. Un changement d’instrument qui a incité le couple de spectateurs d’une soixantaine d’années quelque peu égaré installé dans la rangée derrière nous à prendre le large. À tort, car Taylor Swift avait gardé le meilleur pour la fin. Le piano a été repoussé dans les coulisses, et avec «You need to calm down», une chanson contre les homophobes de tout pays, elle a présenté un hit numéro 1 en devenir. Dans la salle, les décibels ont pris de la hauteur, de même que les mains et les petites banderoles lumineuses qui nous avaient été données à l’entrée.

«La chanson suivante est ma préférée du moment», nous a indiqué Taylor Swift avant d’entonner «Lover», la chanson titre de l’album éponyme. Pour conclure, TayTay a choisi le formidable «Shake it off». Il n’y avait plus le temps pour un rappel, mais après cette procession triomphale ce n’était plus nécessaire. Comblés, les fans se sont dirigés vers la sortie, et moi aussi j’étais sous le charme de Taylor. Bien qu’elle n’ait pas répondu à mon message lui demandant d’aller boire un verre, il y avait incontestablement de l’amour dans l’air !