Pour fêter les 75 ans de la Libération, un bombardier B-17 va survoler la Belgique

Capture d'écran Youtube AFP - Photo d'illustration

Le dernier bombardier B-17 «Flying Fortress» (« forteresse volante ») encore en état de vol en Europe sera, comme d’autres appareils anciens ayant joué un rôle voici 75 ans dans la libération du Vieux Continent du joug hitlérien, l’une des attractions du meeting aérien que l’aéroclub Sanicole organise le week-end prochain dans ses installations de Hechtel-Eksel (Limbourg).

Cet imposant quadrimoteur, baptisé «Sally B», a déjà participé le week-end dernier aux commémorations du 75e anniversaire de la libération d’Anvers en septembre 1944 aux mains d’un de ses pilotes attitrés, le Néerlandais Peter Kuypers, un ancien commandant de bord sur Airbus A330 pour la compagnie KLM.

Cet avion, un B-17G (l’ultime version de la «Flying Fortress» conçue par Boeing) figure parmi les 47 survivants des 12.731 appareils construits durant la Seconde Guerre mondiale. Une dizaine de B-17 sont encore en état de vol dans le monde, mais uniquement aux Etats-Unis – dans l’attente de l’hypothétique remise en état d’un de ces bombardiers, «Pink Lady» en France.

Sorti de l’usine de Lockheed-Vega installée à Burbank (Californie) au printemps 1945 et immatriculé 44-95783, il n’a pas participé au conflit. Mais il a servi à des expérimentations de missile à propulsion nucléaire, a récemment confié M. Kuypers à quelques journalistes. Il a ensuite servi comme plateforme pour prise de photos aériennes au sein de la flotte de l’Institut géographique national (IGN) français.

L’appareil est normalement basé à Duxford, près de Cambridge (Grande-Bretagne), un haut lieu de l’histoire aéronautique britannique. Il avait été racheté en 1975 par un homme d’affaires collectionneur d’avions, Ted White, jusqu’à son décès dans le crash d’un T-6 à Malte en 1982. C’est sa compagne, Elly Sallingboe, qui a ensuite repris la tête de la petite entreprise qui gère «Sally B», la B17 Preservation Ltd.

Il faut en effet compter 1.500 euros pour un plein de carburant à raison de 1.000 litres consommés à l’heure et les coûts de l’assurance se chiffrent en centaines de milliers d’euros.

Le bombardier a été adapté aux exigences modernes de la navigation aérienne, notamment avec de nouvelles radios, a expliqué M. Kuypers, en soulignant que l’appareil «n’est pas difficile à voler» et est «magique». «Il faut être habitué aux avions de grande taille et aux vieux avions», a ajouté ce pilote titulaire de plus de 17.000 heures de vol et qui a présenté en vol un B-25 et des DC-3 et C-47.

Une aide à la population

Peter Kuypers se souvient de ce que sa maman, enfant lors de la Seconde Guerre mondiale, lui a raconté. «Ma mère voyait, en territoire néerlandais occupé, les B-17 voler (pour aller bombarder l’Allemagne nazie) et leurs traînées de condensation», a-t-il souligné. Ces avions ont aussi servi, à la fin du conflit, à larguer du pain à la population néerlandaise affamée après cinq ans de guerre.

«Sally B» sera présentée en vol lors des deux jours du meeting de Sanicole, le vendredi 13 en soirée lors d’un «sunset airshow» au coucher du soleil, un concept unique en Europe, et le dimanche 15 dans l’après-midi lors d’un meeting plus classique, selon le porte-parole des organisateurs, Joeri Mombers.