Bolsonaro réaffirme soupçonner les ONG d’être à l’origine des feux en Amazonie

AFP photo

Le président brésilien Jair Bolsonaro s’en est pris violemment à la presse jeudi, qu’il a accusée d’avoir déformé ses propos sur une responsabilité des ONG dans les feux en Amazonie, tout en réaffirmant que «les plus forts soupçons viennent» de celles-ci.

«A aucun moment je n’ai accusé les ONG des feux en Amazonie. C’est incroyable ce qui s’écrit dans les journaux», a-t-il lancé à des journalistes à Brasilia. «La presse brésilienne passe son temps à inventer des histoires, mais m’accuser d’être (un) Néron qui met le feu est irresponsable, c’est faire campagne contre le Brésil», a-t-il dit. «Il y a toujours eu des feux de forêt et il y en aura toujours. Malheureusement cela arrive en Amazonie».

Le président d’extrême droite a expliqué qu’il pourrait tout aussi bien accuser de ces «incendies criminels (…) les indigènes, les Martiens ou les grands propriétaires terriens». «Tout le monde peut être suspect. Mais les plus forts soupçons viennent des ONG», a-t-il dit, enfonçant le clou.

D’après l’institut INPE, 75.336 feux de forêt ont été enregistrés au Brésil — dont beaucoup en Amazonie – de janvier jusqu’au 21 août, soit 84% de plus que sur la même période de l’an dernier. Si on ignore le nombre de foyers actifs actuellement, ce chiffre indique qu’il y en avait près de 2.500 de plus en l’espace de seulement 48 heures, quand ont été publiés les précédents chiffres de l’INPE.

Mercredi Jair Bolsonaro avait insinué que les ONG de défense de l’environnement pourraient avoir provoqué ces incendies. «Il pourrait s’agir, oui, il pourrait, mais je ne l’affirme pas, d’actions criminelles de ces +ONGéistes+ pour attirer l’attention contre ma personne, contre le gouvernement brésilien. C’est la guerre à laquelle nous sommes confrontés», avait-il lancé devant des journalistes.

«Les ONG perdent de l’argent qui venait de la Norvège et de l’Allemagne. Elles n’ont plus d’emplois, elles essaient de me renverser», a-t-il assuré jeudi, en référence à la suspension par ces deux pays de leurs subventions au Fonds Amazonie affecté à la préservation du «poumon de la planète».