L’ABC du Pukkelpop

BELGA PHOTO JASPER JACOBS

Le village limbourgeois de Kiewit va se transformer ce week-end en supermarché musical. Avec un total de huit scènes bien remplies, les visiteurs du Pukkelpop vont devoir opérer des choix difficiles. Et pour clarifier un peu cette vaste offre, nous vous avons concocté un abécédaire bien pratique.

Amelie Lens : La grande prêtresse de la scène techno belge ouvrira dimanche la toute dernière nuit festive de Pukkelpop avec ses beats sombres et moites.

Billie Eilish : Le climax de cette édition dans un Dance Hall qui sera à n’en pas douter bien trop petit. Le prodige de la génération Spotify fera jouer The National devant un Marquee vide.

Charli XCX: Peu de popstars ont une réputation live aussi solide que le Britannique. Le tourbillon chantant passe de l’eurodance au hip-hop, à l’électropop et au punk.

DaBaby: Se produire en portant un lange à SXSW et s’en tirer, check. Faire impression avec votre premier album «Baby on Baby», check. Grandir petit à petit pour devenir une nouvelle hip-hop hype, check.

Eels: Samedi, le psychologue préféré de tous Mark E. Everett va à nouveau égayer toutes les âmes qui ont la boisson triste. Son tout dernier album «Destruction» baignait dans l’E-style: sombre comme la nuit avec vue sur l’aube rédemptrice.

Fulco: Mettez l’absurdisme de René Magritte en gammes et vous obtenez la sonorité jazz de Fulco. Préparez-vous à des tonnes de clins d’yeux ironiques qui vous feront croire qu’il a une crise d’épilepsie.

Glints: Le rappeur avec le meilleur accent britannique des Pays-Bas vient en droite ligne des rues d’Anvers. Pour les fans de shows moites, de beats sautillants et de Bugatti Bugatti Bugatti.

Harvey Sutherland: Le malicieux Australien a remporté cette année le prix du meilleur costume de «beau-fils idéal». Son mix swinguant de jazz, soul, funk et afrobeat vous emmène dans des sphères moins braves.

Idles: L’espoir punk dans des jours politiquement agités. Une bande de Britanniques à la sonorité très dure, au message toxique et à la garantie d’un des moshpits les plus solides du week-end.

Joost: Comment ils font, ces Néerlandais? Année après année, ils nous déversent au-delà de la frontière un hip-hop nouveau, affûté, ironique et à danser. Voilà, Joost peut le savoir.

Kate Tempest: Allez-y, allez-y. Kate Tempest est la voix de la jeunesse britannique désillusionnée et l’exprime dans un rap aux textes oppressants. Plus vrais et plus personnels, vous ne les trouverez pas davantage qu’à Pukkelpop.

Loyle Carner: Le rappeur/mannequin/prof de cuisine britannique flotte au-dessus des murs du hip-hop, du jazz et de la pop et sert un produit intelligent et rafraîchissant.

Mike D: Cela fait déjà 7 ans qu’avec MCA (Adam Young) nous avons dû dire adieu à 1/3 des Beastie Boys, mais son ancien compagnon honore son héritage avec un set DJ intergalactique.

Nadiem Shah feat. MC Six: Et par extension chaque DJ qui fait exploser la Boiler Room jusqu’au bout du festival. Le bruit de la fête là-bas est aussi légendaire que les concerts à Pukkelpop.

One Track Brain: Le seul groupe dont le nom comment par un O. Et quand on n’est pas dans les meilleurs, on a parfois de la chance.

Post Malone: Le moustachu le plus surprenant à l’affiche. Pas seulement pour son style vestimentaire «poubelle chic», mais aussi parce que la prairie sera pleine de haineux qui espèrent que le rappeur ne pourra pas répondre aux attentes d’une tête d’affiche.

Queens of the Stone Age (non): Josh Homme et ses hommes ne peuvent quand même pas être tous les ans à Kiewit.

Raketkanon: Sur la liste des choses que les grands-parents ne comprendront jamais, Raketkanon occupe une des premières places. Mais c’est justement pour ça qu’il faut aller voir ces étranges et chaotiques noiserockers gantois.

Shht: Copiez le texte ci-dessus, remplacez «étranges» par «absurdes» et «noiserockers» par «Autotune-lovers» et veillez à être tout devant pendant le concert.

The Streets: Mike Skinner est revenu d’entre les morts. En 2011, l’iconique UK-garage-rapper avait arrêté, mais voyez qui va là, avec un nouvel album et un show live qu’il étrennera à Pukkelpop.

Umami: Le menu de Pukkelpop est tout aussi varié que l’affiche. Il y a un Food Wood à part et sur la prairie vous trouverez des plats végétariens, bios, vegan, sans gluten et sans lactose et du fast-food.

Volvox: Tous les DJ qui ont joué dans la fameuse discothèque Berghain à Berlin sont plus que bienvenus à Pukkelpop. D’autant plus, comme ici, s’ils amènent un bac de disques bourré d’électro et d’acid oldschool.

Whitney: Le groupe est originaire de la froide et venteuse ville de Chicago, mais a la sonorité d’une légère brise estivale et fera ressembler le Marquee à l’habitacle d’une Cadillac, longeant une côte à couper le souffle.

X: Il y a dix ans, Paul Kalkbrenner, Martin Solveig, Jon Hopkins et The Subs était déjà à Pukkelpop. N’oubliez pas de le leur dire. Les gens aiment bien qu’on leur rappelle comme ils sont devenus vieux.

Yeasayer: La pop nuancée ne doit pas exclusivement être réservée aux intellectuels. Cela fait déjà 13 ans que Yeasayer prouve qu’elle peut aussi faire danser la grande majorité des festivaliers lambda.

Zzzzz: Veillez à avoir suffisamment dormi avant. Vous allez en avoir besoin.(xvdl)