Le décès de Bjorg Lambrecht n’empêchera pas les Belges de rouler s’ils le veulent

Belga / S. Gruchalski

L’équipe Lotto Soudal prendra le départ de la 4e étape neutralisée du Tour de Pologne «en hommage à Bjorg», a indiqué mardi la formation WorldTour belge, endeuillée par le décès de Bjorg Lambrecht. De leurs côtés, les coureurs qui représenteront la Belgique à l’Euro de cyclisme, ont le choix de participer ou non à la course. 

Bjorg Lambrecht est décédé lundi à 22 ans à la suite d’une lourde chute dans la 3e étape du Tour de Pologne entre Chorzow et Zabrze.

Les organisateurs du 76e Tour de Pologne cycliste avaient décidé lundi soir de neutraliser la 4e étape de leur épreuve. Les coureurs parcourront les 173,3 kilomètres entre Jaworzno et Kocierz ensemble à allure modérée mardi. Un seul tour du circuit local sera parcouru. Les Lotto Soudal franchiront la ligne d’arrivée ensemble devant le peloton.

Thomas De Gendt et Lawrence Naesen, équipiers de Bjorg Lambrecht chez Lotto-Soudal, ainsi que tous les sélectionnés belges pour l’Euro de cyclisme à Alkmaar qui débute ce mercredi aux Pays-Bas, ont appris la terrible nouvelle du décès de Bjorg Lambrecht lundi à leur hôtel. «C’était la stupéfaction», rapporte le coach Rik Verbrugghe, «un coup de tonnerre. On s’est assis un moment et on en a parlé. Chacun réagit à sa manière, mais tout le monde était sous le choc…»

De Gendt et Naesen, justement, doivent en principe participer ce mercredi au relais mixte (mixed team relay), une nouveauté. «On respectera leur décision, et celle de Lotto-Soudal. Mais au moment où je vous parle, ils sont toujours partants», assure Verbrugghe.

« Pas facile à gérer »

«Chaque coureur pourra d’ailleurs faire son propre choix. Même ceux qui entrent en lice plus tard et ne sont pas encore là. Bjorg était très apprécié, et c’est normal, car il était charmant. Je ne l’ai pas souvent dirigé, mais je le connaissais par contre très bien. Il s’entraînait souvent dans les ardennes, et y demeurait alors quelques jours avec ses parents. Il faisait le métier très sérieusement. Je ne dois pas vous décrire l’ambiance ici. On est vraiment dans une situation difficile. J’espère que la reconnaissance du parcours de la course contre-la-montre mardi va un peu permettre à chacun, moi y compris, de retrouver ses esprits, voire de penser à autre chose. Mais pour le moment c’est très dur. La tristesse est immense. On pense à sa famille, à ses amis, ses équipiers, ses supporters, et à tous ceux qui l’aimaient. Bien sûr que c’était un grand talent, et un futur champion. Mais quelle importance, maintenant ? Ce n’est pas le sujet. Le cyclisme n’est malheuresement pas, loin s’en faut, la seule victime de ce drame qui touche tellement de gens. Je suppose qu’on va courir avec un brassard noir autour du bras, même si concrètement, aucune initiative dans ce sens n’a encore été prise. Il n’est pas facile de régler des questions d’organisation, quand on a plein d’autres choses en tête…», conclut Rik Verbrugghe.