Cinq idées reçues autour de l’allaitement

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A l’occasion de la semaine mondiale de l’allaitement qui se tient du jeudi 1er au mercredi 7 août, Relaxnews revient sur plusieurs idées reçues qui subsistent autour de l’allaitement.

La semaine mondiale de l’allaitement commence ce jeudi. Incapacité à produire du lait, douleur, âge limite pour donner le sein à son enfant…. Voici quelques idées tenaces qui entourent la naturelle (mais pourtant controversée) question de l’allaitement. Alors, vrai ou faux ?

« Certaines femmes ne peuvent pas produire suffisamment de lait »

Cette idée fortement ancrée fait souvent référence aux femmes dotées de petites poitrines. Or, la taille des mamelons n’a rien à voir avec la capacité ou non à produire du lait. Comme le rappelle l’association la Leche League sur son site: « Même si, d’une femme à l’autre, les seins varient énormément quant à leur taille, leur coloration, leur densité, leur position sur le torse, ils sont dans leur immense majorité tout à fait aptes à nourrir un bébé. »

« Ne pas allaiter pendant les six premiers mois peut mettre la vie de votre bébé en danger »

« L’allaitement maternel est l’un des moyens les plus efficaces de préserver la santé et d’assurer la survie de l’enfant », explique l’Organisation Mondiale de la Santé, qui recommande un allaitement au sein exclusif pendant les six premiers mois, puis de continuer à donner le sein au bébé jusqu’à l’âge de 2 ans au moins, en diversifiant son alimentation.

Ces conseils se basent sur l’apport nutritif et riche en anti-corps du lait maternel. Si ces propriétés bénéfiques sont avérées, le conseil d’allaiter exclusivement au sein pendant les six premiers mois pour assurer la survie du bébé s’adressent surtout aux pays en voie de développement dans lesquels l’accès à l’eau potable n’est pas garanti.

« Donner le sein au-delà de deux ans n’est pas une bonne idée »

En 2012, une photo de couverture du Time qui montrait une femme allaitant son enfant âgé de 3 ans avait déclenché les réactions indignées d’une foule de lecteurs et de lectrices. Si cette idée dérange, il n’existe pourtant aucune contre-indication à donner le sein à un enfant de cet âge.

Cela pourrait même en principe durer quelques années de plus explique à Relaxnews, Patricia Coutable, consultante en lactation : « Le processus naturel de sevrage chez l’enfant est situé entre l’âge de 3 et 6 ans. Mais culturellement, c’est difficilement accepté, du moins en France. Dans les pays scandinaves, cette pratique est bien perçue, car c’est la norme. »

« Allaiter est une question de volonté »

Certaines femmes choisissent de ne pas donner le sein à leur enfant et se sentent parfaitement à l’aise avec leur décision. Mais pour d’autres, la situation est plus compliquée. Des difficultés rencontrées lors des premières tétées, comme un défaut de succion, peuvent dissuader la mère.

Soumises à l’injonction très forte de donner le sein, notamment dans notre pays régulièrement qualifié de « mauvais élève de l’Europe » en matière d’allaitement, certaines femmes peuvent être soumises à un stress important et mal vivre l’expérience.

« Je pense que le problème majeur est que, trop souvent, on demande à la mère si elle souhaite allaiter, sans lui apporter l’information nécessaire pour qu’elle puisse faire un choix éclairé. Si on prend l’exemple de la douleur, répondre à une mère qui allaite pour la première fois que c’est ‘normal’ d’avoir mal ne l’aidera en aucun cas ! Si la femme ne reçoit pas le soutien et l’accompagnement dont elle a besoin pour allaiter sereinement, rien d’étonnant à ce qu’elle finisse par renoncer », souligne Patricia Coutable.

« L’allaitement empêche de tomber enceinte »

Après un accouchement, le cycle menstruel se remet petit à petit en route. Mais ce processus peut ralentir chez les mères qui allaitent. Ce phénomène s’explique par la stimulation de la prolactine, l’une des hormones sécrétées pendant l’allaitement et qui stoppe l’ovulation.

Les chances de tomber enceinte sont donc généralement moindres. Mais sous certaines conditions bien précises : les tétées doivent être très fréquentes (au moins 6 par 24h) et ne pas dépasser des espaces de six heures.

« Ce n’est pas l’allaitement qui protège, mais la régularité. Si les tétées sont très espacées, la production de lactamine n’est plus la même. Mais, bien sûr, le risque zéro n’existe pas. La pilule contraceptive n’est pas forcément idéale non plus car elle peut, chez certaines femmes, entraîner une baisse de lait. Sans compter que certaines ne souhaitent pas forcément reprendre des hormones. Dans ce contexte, la meilleure solution reste sans doute le préservatif », estime Patricia Coutable.