L’histoire en BD à travers la vie des papes

On pouvait craindre que raconter la vie des papes en BD n’ouvre la porte qu’à de longs récits ennuyeux où, tout au plus, les dessinateurs auraient pu s’amuser grâce aux décors de toutes sortes fournis par la tradition catholique. Il n’en est rien, comme le montrent les deux premiers albums de la collection «Un pape dans l’Histoire».

L’histoire du monde occidental et celle de l’Église catholique ont longtemps été imbriquées. Glénat en a conclu qu’aborder l’histoire des papes pourrait être un bon moyen de raconter celle de l’Europe. Pour y parvenir, la maison d’édition a choisi de mettre en avant le destin de papes qui ont marqué leurs temps.

Trouver des caractères marquants parmi les 266 papes qui se sont succédé n’a pas été compliqué. Hommes de pouvoir et d’influence, chefs de guerre, diplomates, curieux avides de connaissances, hommes cruels et peu tolérants… Ils sont nombreux à avoir marqué l’histoire de la chrétienté. Que ce soit pour leur modernité, leur volonté de maintenir l’Église unie face aux tumultes du monde, ou encore leur rôle de précurseurs, beaucoup ont joué un rôle dans le cours du monde.

Les deux premiers volumes sont consacrés à Pierre, le premier pape, et à Léon 1er, qui a dû lutter contre les divisions au sein de son Église. Le dessin très réaliste permet de visualiser ces époques, les modes de vie, et donne un réel plaisir à se promener dans ce temps lointain. Sur le fond, le style hagiographique laisse l’impression d’un récit partial, où l’on ne sait plus très bien démêler le vrai de l’histoire romancée et des caractères retravaillés pour les besoins du récit. Chaque volume se termine par un cahier historique de huit pages, qui est l’occasion d’entrer un peu plus dans la réalité que ne le permettent les 56 pages de la bande dessinée. La série a été supervisée par l’écrivain et spécialiste du Vatican Bernard Lecomte.

 

Saint Pierre, le premier des papes

Rome, 64 après Jésus Christ. Un incendie ravage la cité antique. Et tandis que les flammes se reflètent dans ses prunelles, Néron joue de la harpe. Si la légende tragique n’a jamais été véridiquement accréditée, on sait avec certitude qu’il utilisa ce drame pour lancer une chasse aux chrétiens. Des centaines d’entre eux sont arrêtés, torturés, massacrés. Parmi les suppliciés, le plus célèbre des apôtres du Christ. Celui qui deviendra le symbole de l’Église et que Jésus avait désigné comme le Roc sur lequel il la bâtirait : Pierre. Cette histoire est celle de son agonie dans le cirque de Néron., de ces heures douloureuses qui précèdent sa mort et durant lesquelles il se remémore cette vie incroyable au côté du Messie qu’il a tant admiré.

« Un Pape dans l’Histoire, T. 1 : Saint Pierre, Une Menace pour l’Empire romain », par Pat Perna et Marc Jailloux. Glénat/Le Cerf. 56 pages. 15 €.

Léon le grand – Défier Attila

Au Ve siècle de notre ère, le pape Léon le Grand, qui règne fermement sur son troupeau alors que l’Empire romain se désagrège et s’effondre, est une figure centrale de la papauté. Imposant la tradition avec force et détermination, il contribue à structurer l’Église et impose le choix de Rome comme siège incontestable du Christianisme. À ce titre, Léon est l’un des pères de l’Église. Mais plus encore, lorsque le peuple de Rome se retrouve désarmé devant l’avancée barbare, alors que l’Empereur est incompétent ou même a pris la fuite, Léon ira affronter tant Attila et sa horde de huns, que Genséric, le terrible chef vandale…

« Un Pape dans l’Histoire, T. 2 : Léon le Grand, Défier Attila », par France Richemond et Stefano Carloni. Glénat/Le Cerf. 56 pages. 15 €.