Faut-il en finir avec la tradition très polluante des feux d’artifice ?

BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

C’est une tradition, chaque 21 juillet à l’occasion de la fête nationale, villes, communes et particuliers y vont de leur feu d’artifice. Mais au-delà du spectacle visuel, les feux d’artifice soulèvent des problèmes parfois méconnus. Ils ont notamment un impact non négligeable sur l’environnement.

Saviez-vous que les feux d’artifice étaient des gros pollueurs ? En 2012, l’association française agréée de surveillance de la qualité de l’air en région Île-de-France a effectué des relevés après les festivités du 14 juillet. Résultat : la concentration des particules fines dans l’air suite au spectacle augmentait de 3.000 % dans la zone de tir. Les feux d’artifice polluent l’air, mais pas seulement.

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Une tradition peu respectueuse de l’environnement

Dans un rapport récent, l’organisation de protection de l’environnement Robin des Bois a indiqué qu’en retombant, les poussières de soufre, de perchlorate, de colorants chimiques et les résidus solides de fusées polluent les sols, les cours d’eau et la mer. De plus, les feux d’artifice contiennent aussi des particules fines métalliques, comme du cuivre et du lithium. Ce sont elles qui donnent des couleurs éclatantes lors de l’explosion. Rejetées dans l’atmosphère, ces particules génèrent de la pollution et ont un impact sur la santé.

À titre indicatif, l’association française souligne qu’avec ses 30 tonnes de poudre noire (composée de charbon, de soufre et de salpêtre, ainsi que d’un agent oxydant, le plus souvent du perchlorate de potassium), le feu d’artifice de la Tour Eiffel du 14 juillet entraîne à lui seul le rejet de près de 15 tonnes de CO2, soit près de 3.000 voitures au diesel faisant une fois le tour du périphérique parisien.

Chez nos voisins allemands, la situation n’est guère plus réjouissante. Des analyses ont montré que durant la nuit de la Saint-Sylvestre, les Allemands envoyaient dans l’air 5.000 tonnes de particules fines à cause des feux d’artifice. À titre de comparaison, en 2016, l’Allemagne a émis 203.000 tonnes de particules fines.

Enfin, ces données ne tiennent pas compte des résidus de fusées, souvent laissés dans la nature par les particuliers.

D’autres impacts négatifs

Au-delà de la pollution générée mais aussi du coût important et des blessures engendrées, les feux d’artifice ont d’autres effets négatifs non négligeables. Tout d’abord, ils sont à l’origine d’incendies d’habitations mais aussi, en été, de feux de forêt. L’impact de niveau sonore des explosions sur les animaux est également important et problématique. La faune sauvage en est victime. Le bruit des explosions fait fuir de nombreux oiseaux, qui parfois abandonnent leurs nids et leurs petits.

Enfin, les animaux de compagnie sont également fortement touchés par les feux d’artifice. Chaque année, des chiens et des chats, effrayés par le bruit, s’échappent de leur domicile. Pour les animaux en prairie, ces explosions sont également une source de danger. Chaque année, des chevaux et des oiseaux dans les volières succombent à cause du stress important engendré par les explosions des feux d’artifice.

C’est ainsi qu’aux États-Unis, chaque année, des centaines de bénévoles se mobilisent et passent leur 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, dans les refuges pour calmer les animaux et leur tenir compagnie.

Posted by Maricopa County Animal Care & Control (MCACC) – Adopt at pets.maricopa.gov on Thursday, July 4, 2019

Quelles sont les alternatives ?

Certaines villes et communes belges ont déjà pris des mesures contre les feux d’artifice. En mars dernier, Malines a annoncé qu’il n’y aura pas de feux d’artifice le 21 juillet.  « Le bien-être de nos animaux prime sur les feux d’artifice à Malines », avait déclaré l’échevin Koen Anciaux (Open Vld).

Pour les villes qui veulent quand même éclairer le ciel lors des festivités, Gaia plaide depuis plusieurs années en faveur des feux d’artifice dits silencieux. Il s’agit de feux d’artifice dont la détonation est toujours perceptible mais dont le bruit dans les airs est plus contenu. La commune de Jemeppe-sur-Sambre a déjà opté pour de tels feux d’artifice. Comme la commune de la Bruyère, elle a également purement et simplement interdit aux particuliers de tirer des feux d’artifice.

Enfin, à l’avenir, les drones seront peut-être des alternatives crédibles, écologiques et silencieuses aux feux d’artifice. Plusieurs spectacles mettant en scène des drones équipés de points lumineux ont déjà montré que ces petits objets volants pouvaient effectuer des ballets synchronisés et mettre dans la magie et de la lumière dans le ciel, tout en évitant bien des nuisances !