Une Irano-Britannique emprisonnée en Iran transférée en service psychiatrique

Nazanin Zaghari-Ratcliffe, Irano-Britannique emprisonnée en Iran depuis 2016 pour sédition, a été transférée dans le service psychiatrique d’un hôpital de Téhéran où elle est surveillée par des Gardiens de la Révolution, a annoncé mercredi sa famille. Selon un communiqué du groupe « Free Nazanin » militant pour sa libération, la femme de 40 ans a été transférée lundi de la prison d’Evin à l’hôpital Imam Khomeini, où son père, qui a attendu en vain mardi de la voir pendant près de quatre heures, a constaté qu’elle était surveillée par des Gardiens de la Révolution, armée idéologique du régime iranien.
La durée et la teneur du traitement de Mme Zaghari-Ratcliffe n’ont pas été précisés, a indiqué le groupe, pointant aussi qu' »il est inhabituel que des prisonniers politiques soient gardés, lors de traitements à l’hôpital, par des Gardiens de la Révolution plutôt que par des gardes de prison ordinaires ».
Le transfert de la détenue vers un hôpital avait été recommandé par un psychiatre, du fait de la « forte détérioration » de son état et du « risque qu’elle prenne elle-même les choses en main », peut-on également lire.
« J’étais en bonne santé et heureuse quand je suis venue en Iran pour voir mes parents », a dit, selon sa famille, Nazanin Zaghari-Ratcliffe avant d’être transférée.
« Trois ans et quelques plus tard, je suis admise dans une clinique de santé mentale. Regardez-moi maintenant, je me retrouve dans un asile », a-t-elle déploré.
Ses proches disent ne pas avoir eu de contact avec elle depuis « plus de 36 heures ».
Nazanin Zaghari Ratcliffe, employée de la Fondation Thomson Reuters – branche humanitaire de l’agence de presse canado-britannique du même nom -, avait été arrêtée en avril 2016 alors qu’elle quittait l’Iran après avoir emmené sa petite fille, alors âgée de 22 mois, rendre visite à sa famille. Accusée d’avoir cherché à renverser le régime iranien, elle a été condamnée à cinq ans de prison.
Son cas a accru les tensions entre l’Iran et le Grande-Bretagne, fournisseur d’armes de l’Arabie saoudite, rival régional de Téhéran, aussi attisées par la condamnation en mai à 10 ans de prison pour espionnage d’une employée iranienne du British Council.

source: Belga