Les Verts ne veulent pas des armes nucléaires en Belgique

Belga image / B. Doppagne - T. Roge

Les deux partis écologistes, Ecolo et Groen, ont annoncé mardi le dépôt d’une proposition de loi visant à interdire les armes nucléaires en Belgique après la confirmation par un rapport de l’Assemblée parlementaire de l’Otan de la présence d’ogives nucléaires américaines B61 sur la base aérienne de Kleine-Brogel (Limbourg).

«Cette proposition sera prise en considération ce jeudi au cours de la séance plénière», ont précisé les Verts dans un communiqué conjoint.

Un rapport discuté lors de l’Assemblée parlementaire de l’Otan qui s’était tenue du 31 mai au 3 juin derniers à Bratislava et confirmant la présence de ces armes à Kleine-Brogel a été cité par les députés fédéraux Wouter De Vriendt (Groen) et Samuel Cogolati (Ecolo).

«Bien que le gouvernement fédéral en ait toujours nié l’existence, ce rapport de l’Otan confirme que des bombes nucléaires B-61 sont bien stationnées en Belgique sur la base aérienne de Kleine-Brogel. Il est temps de mettre fin à cette hypocrisie et d’enfin mener un débat transparent sur cette question», a commenté M. Cogolati, cité par ce communiqué.

«En refusant d’admettre la présence de ces armes sur notre territoire, les responsables politiques empêchaient de fait toute discussion. Or, il s’agit d’un enjeu fondamental. Peut-on accepter de telles armes sur notre territoire, sous la responsabilité de quelqu’un comme (le président américain, ndlr) Donald Trump? Poser la question, c’est y répondre», a ajouté le député écologiste.

Il dénonce aussi le fait que «sans aucun débat public ni décision démocratique en Belgique, l’Otan indique que ces bombes nucléaires stationnées en Belgique seront remplacées au cours de la prochaine décennie par des nouvelles bombes plus rapides et plus précises: les bombes guidées B61-12» – en cours de développement.

Selon les écologistes, l’Otan confirme en outre que le choix du gouvernement belge du nouvel avion de combat, le F-35 du groupe américain est compatible avec ses «responsabilités de missions à double capacité» conventionnelle et nucléaire, alors que cet élément ne faisait pas partie du cahier des charges en Belgique.

« Pas uniquement une question de morale »

«En acceptant de nouvelles armes nucléaires sur son territoire, la Belgique viole la clause de non-prolifération de l’article II (interdiction pour tout Etat non doté d’armes nucléaires d’accepter le transfert d’armes nucléaires) et la clause de désarmement de l’article VI (obligation de cessation de la course aux armements nucléaires) du Traité de non-prolifération (TNP) de 1968», a souligné M. Cogolati.

«Il ne s’agit pas ici uniquement d’une question morale, mais également d’implications stratégiques. Les armes nucléaires sont les pires armes de destruction massive jamais conçues et les Etats-Unis sont la seule puissance au monde à stationner des armes nucléaires dans des pays tiers. Or, aujourd’hui, tous les experts s’accordent pour dire que ces armes ne servent plus à rien puisque toutes les cibles potentielles sont à la portée des bombes stratégiques stationnées aux USA. Sur des enjeux aussi graves, le gouvernement belge doit maintenant dire la vérité et accepter d’ouvrir le débat en toute transparence», a conclu le député Ecolo.