France: Le corps de Vincent Lambert restitué à sa veuve, permis d’inhumer délivré

Le corps de Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif décédé jeudi après arrêt des traitements, a été remis vendredi, dans l’est de la France, à sa veuve Rachel après son autopsie à Paris et le permis d’inhumer a été délivré, a-t-on appris de sources concordantes. « Le corps de Vincent Lambert a été restitué à Mme Rachel Lambert et le permis d’inhumer a été délivré en fin d’après-midi », a déclaré vendredi soir à l’AFP le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette.
Le corps a été remis discrètement vendredi en fin d’après-midi dans une ville de l’est de la France et les obsèques auront lieu très prochainement dans la plus stricte intimité familiale, ont indiqué plusieurs sources à l’AFP.
Jeudi, le procureur Bourrette avait indiqué avoir ouvert une enquête en « recherche des causes de la mort » pour vérifier que l’arrêt des traitements de cet ancien infirmier de 42 ans, victime d’un accident de la route en 2008, était conforme à la loi. Dans ce cadre, son corps a été autopsié vendredi à Paris avant d’être restitué à son épouse et tutrice.
Matthieu Bourrette entend avec cette enquête « fournir à tous les membres de la famille les éléments médicaux et judiciaires leur permettant de connaître les causes exactes de la mort » pour qu’ainsi, « chacun puisse prendre ensuite ses dispositions et responsabilités, y compris sur le plan judiciaire ».
Le 2 juillet, le docteur Vincent Sanchez, chef de service de soins palliatifs du centre hospitalier universitaire de Reims, avait engagé un nouvel arrêt des traitements, effectif depuis le 3 au soir, processus rendu possible le 28 juin par la Cour de cassation. Outre l’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation par sonde, le protocole prévoyait notamment une « sédation profonde et continue ».
Le décès de Vincent Lambert met un terme à un long feuilleton judiciaire et médiatique, qui a vu sa famille se déchirer. D’un côté les parents, fervents catholiques hostiles à un arrêt des traitements, soutenus par leurs avocats, plusieurs associations et deux frères et soeurs. Ils estimaient que Vincent était handicapé et non « pas en fin de vie » et demandaient son transfert dans un établissement spécialisé.
De l’autre, son épouse, son neveu François et six frères et soeurs dénonçaient un « acharnement thérapeutique ». Vincent leur avait, selon eux, confié oralement préférer mourir que de vivre « comme un légume » mais il n’avait pas rédigé de directive anticipée.

source: Belga