En Mer Méditerranée, une plongée d’un mois à 120 m de fond

AFP / B. Horvat

Quatre plongeurs, dont le photographe sous-marin français Laurent Ballesta, se sont immergés lundi en mer Méditerranée pour un mois de plongée à 120 mètres de profondeur.

L’expédition « Planète Méditerranée » a rejoint les abysses en début d’après-midi, au large de Cassis, dans le sud-est de la France. Le but de l’expédition est de « montrer qu’il y a une Méditerranée encore très belle, des sortes de paradis perdus, d’oasis secrets quand on a dépassé une certaine profondeur », explique Laurent Ballesta. « Il y a encore des animaux à décrire et à illustrer pour la première fois. »

« Si plonger à de telles profondeurs est toujours un challenge, y séjourner est un fantasme, une utopie qui devient réalité », ajoute-t-il. La particularité de cette plongée est qu’elle utilise un caisson pressurisé de l’INPP (Institut national de plongée professionnelle). Cette cloche en acier d’un mètre carré à la pression des 120 m (soit 13 fois la pression atmosphérique) sera descendue tous les jours dans les profondeurs de la Méditerranée.

Après chaque sortie réalisée sans se soucier du temps qui passe, les plongeurs retourneront dans la cloche qui sera remontée à la surface pour être connectée à un petit caisson de deux mètres carré faisant office de sanitaires (douche et wc). Un troisième caisson de cinq mètres carré sert d’espace de vie avec quatre bannettes, une petite table et un sas pour faire entrer la nourriture. La station, tractée par un remorqueur, se déplacera entre Marseille et Monaco.

Pas de décompression pendant un mois

La décompression, qui durera trois jours, ne se fera qu’à la fin de la mission. Ainsi, les plongeurs n’auront pas besoin d’effectuer à chaque sortie quotidienne les paliers de décompression obligatoires et très longs quand on descend à ces profondeurs.

« Pendant 28 jours, on va pouvoir à notre guise rester à 120 m de profondeur et explorer cette zone aussi longtemps qu’on le voudra ou le pourra. On n’a plus cette angoisse de se dire qu’à chaque minute passée à 120 m de fond, c’est des heures à la remontée. Si tu restes 3 heures à 120 m, il te faut une journée pour remonter. C’est trop cher payé », détaille Laurent Ballesta.