En Irak, des milliers de prisonniers vivent dans des conditions de détention «dégradantes»

AFP / Salaheddin TV

L’organisation Human Rights Watch (HRW) a critiqué jeudi les autorités pénitentiaires irakiennes pour les conditions «dégradantes» dans lesquelles sont emprisonnés plusieurs milliers d’hommes, femmes et enfants, dans des prisons surpeuplées.

Dans un communiqué, l’organisation de défense des droits humains a indiqué avoir obtenu des photographies de la prison de Tal Keif dans la province de Ninive (nord) qui semblent montrer que cet établissement ainsi que ceux de Faisaliyah et de Tasfirat, ne respectent pas les standards internationaux.

L’une des photographies montre des dizaines d’adolescents entassés dans une cellule de la prison de Tal Keif, pour certains recroquevillés en position foetale. Sur un autre cliché, des femmes et des enfants hagards sont massés dans une pièce, dont les murs sont recouverts de vêtements qui pendent.

Des morts causées par la surpopulation

«Il y a deux ans, nous avons documenté des morts en détention simplement en raison de la surpopulation», rapporte à l’AFP Belkis Wille, chercheuse en Irak pour HRW. «Le fait de voir que ce type de conditions (de détention) persistent montre que la population carcérale est toujours menacée. C’est incroyablement frustrant», estime-t-elle.

Selon HRW, environ 4.500 personnes sont détenues dans les prisons de Tal Keif, Faisaliyah et Tasfirat –la plupart pour terrorisme–, soit presque le double de leur capacité d’accueil de 2.500 personnes.

Faute d’espace permettant de se rencontrer, les prisonniers n’ont pas la possibilité de voir leurs avocats, d’après un expert irakien ayant visité ces prisons et fourni les photographies à HRW.