Mauritanie: une centaine « d’étrangers » arrêtés, internet coupé

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Une centaine « d’étrangers » ont été arrêtés en Mauritanie lors des manifestations qui ont éclaté après l’annonce la victoire du candidat du pouvoir à la présidentielle de samedi, a annoncé mardi le ministre de l’Intérieur, alors qu’Internet était entièrement coupé depuis le milieu de l’après-midi. Les quatre opposants en lice ont rejeté les résultats provisoires donnant la victoire au premier tour à l’ancien chef d’état-major Mohamed Cheikh El-Ghazouani, dauphin du président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz.
Selon la Commission électorale nationale indépendante (Céni), M. Ghazouani a obtenu 52,01% des suffrages, devant le militant anti-esclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid (18,58%), l’ex-Premier ministre Sidi Mohamed Ould Boubacar (17,87%) et le journaliste Baba Hamidou Kane (8,71%).
L’opposition a dénoncé l’arrestation de dizaines de personnes à la suite d’incidents dimanche entre manifestants et policiers dans la capitale et à Nouadhibou (nord-ouest). Lundi soir, des heurts ont éclaté entre policiers et militants de l’opposition aux abords du sièges des partis de MM. Ould Abeid et Kane, où la police a effectué une descente musclée, selon l’opposition.
« Il y a une main étrangère qui est derrière ces événements », a affirmé mardi soir devant la presse le ministre de l’Intérieur, Ahmedou Ould Abdallah, à propos de ces contestations, en évoquant un « plan de déstabilisation » du pays.
« Nous avons arrêté une centaine d’étrangers dont on ne peut expliquer la présence dans la contestation d’une élection dans un pays qui n’est pas le leur », a ajouté le ministre, en évoquant « diverses nationalités, notamment de pays voisins », sans plus de détails.
Il a affirmé que cette présence étrangère était « en relation avec certains candidats », sans les nommer.
La société mauritanienne est marquée par des disparités persistantes entre communautés arabo-berbère, haratine (descendants d’esclaves de maîtres arabo-berbères, dont ils partagent la culture) et afro-mauritanienne, généralement de langue maternelle d’ethnies subsahariennes.
Biram Ould Dah Ould Abeid avait demandé lundi aux Mauritaniens de se « méfier des provocations des autorités », jugeant que le pouvoir avait l’habitude d’invoquer les risques de sédition « à chaque fois qu’il est en difficulté ».
Le militant anti-esclavagiste a introduit un recours devant le Conseil constitutionnel pour « exiger l’annulation de l’élection et la reprise intégrale du vote », selon les propos qu’il a tenu en quittant le siège de cette institution.
Depuis 15H00 (GMT et locales) environ, il était par ailleurs impossible de se connecter à Internet, d’accéder à ses emails ou d’utiliser les réseaux sociaux comme WhatsApp et Facebook, ont par ailleurs constaté des témoins et des journalistes de l’AFP, alors que l’internet mobile était déjà inaccessible depuis dimanche après-midi.
Interrogé par des journalistes sur ces coupures d’accès, le ministre de l’Intérieur a semblé ironiser. « Vous n’avez pas d’autres moyens qu’internet pour travailler? » a-t-il demandé aux reporters en souriant.

source: Belga