Lily James dans la comédie romantique Yesterday : « Les Beatles font partie de mon éducation musicale »

L’actrice britannique Lily James aime ses classiques de la pop. L’année dernière, elle jouait dans la suite de la comédie musicale ‘Mamma Mia!’. Aujourd’hui, elle se charge du rôle-titre féminin dans la comédie romantique ‘Yesterday’ où tout tourne autour de la musique des Beatles.

À 30 ans, Lily James s’est déjà bâti une carrière variée, de l’action spectaculaire comme ‘Baby Driver’ au drame sérieux comme ‘The Darkest Hour’, en passant pas l’horreur déjantée comme ‘Orgueil et Préjugés et Zombies’. Mais le fil rouge de sa carrière est la musique. Elle chantait quelques petites chansons dans le joli conte de fées ‘Cendrillon’, elle s’est plongée dans l’œuvre d’ABBA pour ‘Mamma Mia! – Here We Go Again’ et elle joue maintenant le rôle principal dans la comédie musicale romantique ‘Yesterday’. Elle y incarne l’amie et manager d’un musicien, Jack, qui rêve de devenir mondialement célèbre mais qui a beaucoup de mal à percer. Jusqu’au jour où, après un étrange accident, il se réveille dans un monde où il est le seul à se souvenir des chansons des Beatles.

Quelle est l’importance des Beatles dans votre vie?

Lily James: «La plupart des musiques que j’aime, je les ai découvertes par un ami ou un membre de ma famille. Dans le cas des Beatles, c’était mon père. Il a toujours veillé à partager ses groupes et musiciens préférés avec mes frères et moi. Il aimait bien faire des cassettes de toutes sortes de musiques et il y avait toujours des morceaux des Beatles dessus. Ils font donc partie de mon éducation musicale (rires). Ils sont aussi restés dans ma vie. Leur musique est tout simplement ancrée dans notre culture.»

Avez-vous ressorti leurs albums tout spécialement pour le film?

«Absolument. Nous avons tourné ‘Yesterday’ dans le Suffolk, ce qui signifie que j’ai fait de nombreux allers-retours. Dans la voiture, j’ai beaucoup écouté les Beatles, je me suis plongée dans leur musique disque par disque, pour encore mieux m’en imprégner.»

Ellie, votre personnage, a des goûts vestimentaires inhabituels, c’est le moins qu’on puisse dire. Que révèlent ces vêtements à son sujet?

«Les vêtements sont toujours un bon moyen pour comprendre un personnage. La première rencontre avec le chef costumier est très importante pour moi. J’essaie toujours aussi d’avoir de plus en plus mon mot à dire. Quand vous construisez un personnage, vous partez tantôt de l’extérieur vers l’intérieur et tantôt de l’intérieur vers l’extérieur. Dans le cas d’Ellie, ses petites robes et baskets me donnaient une bonne idée de sa manière de marcher et de bouger. Sans parler de son pyjama!» (rires)

Honnêtement, est-ce difficile de renoncer à sa vanité et d’être moins belle ou moins élégante dans un film que dans la réalité?

«Je dois avouer que j’ai parfois encore des réflexes vaniteux. Je trouve mon profil gauche plus beau que mon profil droit, par exemple. Mais ça, vous devez l’oublier. Vous ne pouvez camper un personnage crédible si vous vous préoccupez constamment du profil que vous voulez qu’on filme. Vous devez lâcher cette vanité. Alors, vous pourrez vraiment apprécier votre travail d’acteur, le fait de pouvoir changer d’apparence à chaque fois et de vous glisser dans la peau de quelqu’un d’autre.»

Lorsque le personnage principal, Jack, devient célèbre, il aspire à la vie normale qu’il menait avant. Ressentez-vous cela, vous aussi?

«Il y a, bien sûr, des moments où je réalise que je suis devenue un visage connu. Lorsque des gens me demandent un selfie ou un autographe par exemple. Mais entre ces moments-là, je n’ai aucune difficulté à vivre comme avant. Je pense aussi qu’il faut déjà être extrêmement célèbre pour que cela commence à vraiment poser problème.»

Ellie est enseignante. Dans un flashback, on la voit persuader Jack de continuer à faire de la musique en lui racontant à quel point son métier est épuisant. Êtes-vous d’accord avec ce qu’elle dit?

«Je ne pense pas qu’Ellie veut être négative. Elle veut dire que Jack ne peut pas encore abandonner son rêve. Les enseignants investissent tout ce qu’ils ont dans leurs élèves. Danny Boyle, qui a réalisé ‘Yesterday’, décrit le film comme une chanson d’amour pour les enseignants. La sœur de Danny enseigne et il a voulu rendre hommage aux enseignants. Pour me préparer, j’ai passé quelques jours dans une école à Lowestoft dans le Suffolk. Cela a été une expérience formidable. Ces professeurs et leurs élèves m’ont impressionnée. J’étais très émue.»

Dans ‘Yesterday’, la musique des Beatles a disparu tout à coup. Que feriez-vous disparaître si vous en aviez la possibilité?

«Le plastique! La situation sur cette planète serait déjà nettement moins catastrophique.»

Ruben Nollet

En quelques lignes

Et si… les Beatles n’avaient jamais existé? Ce monde alternatif n’est peut-être pas aussi terrifiant que celui de ‘The Handmaid’s Tale’ (‘La servante écarlate’), par exemple, mais tout de même. Sans l’œuvre impressionnante des Fab Four, notre vie serait un peu plus désolante. C’est exactement ce qui se passe dans ‘Yesterday’. Lors d’un blackout planétaire, Jack, le personnage principal, est heurté par un bus. Lorsqu’il reprend connaissance, il constate qu’il est le seul à se souvenir de la musique des Beatles. Au départ, c’est un choc, mais très vite, il entrevoit les possibilités de la situation: c’est sa chance à lui de devenir enfin un célèbre musicien. Son plan semble marcher (grâce entre autres à Ed Sheeran) mais en son for intérieur, il est rongé par un sentiment de culpabilité. ‘Yesterday’ est l’œuvre de deux pointures du cinéma britannique, le scénariste Richard Curtis (‘Quatre mariages et un enterrement’) et le réalisateur Danny Boyle (‘Trainspotting’). Ils semblent n’avoir pratiquement aucun mal à pondre une comédie romantique divertissante, un préambule, charmant et léger, aux vacances. En même temps, on ne doute pas un seul instant que le film a été, pour eux aussi, une petite distraction amusante, de quoi s’occuper tout en travaillant sur des choses plus consistantes. Si ‘Yesterday’ vous reste toujours en tête des semaines plus tard, c’est presque exclusivement grâce à la musique. Il faut dire qu’elle n’est pas mal non plus, évidemment.(rn) 3/5