Un Britannique qui a violé puis filmé sa victime, inconsciente, ne sera pas poursuivi

Capture d'écran YouTube - La plaignante, Emily Hunt

Une action a été introduite par Emily Hunt à l’encontre de la Crown Prosecution Service (CPS), à savoir le « Service des poursuites judiciaires de la Couronne », au Royaume-Uni. La jeune femme a été droguée, violée et puis filmée inconsciente, mais l’organe a décidé de ne pas poursuivre l’agresseur, s’attirant les foudres de nombreuses associations. 

Emily Hunt affirme avoir été victime d’un viol en 2015. Alors qu’elle mangeait un brunch cinq heures auparavant, elle se réveille dans un lit d’hôtel, nue à côté d’un homme qu’elle ne connait pas. Elle a alors l’impression d’avoir été droguée, et son dernier souvenir est celui de son déjeûner.

Elle décide de porter plainte auprès de la police, qui arrête son agresseur de 35 ans. Ce dernier est finalement relâché par la CPS. L’organe manque de preuves, après l’enquête menée par la police, rapporte Metro UK.

Un an après cette prétendue agression, la police a pourtant révélé une vidéo de 62 secondes, dans laquelle on voit Emily nue. Le pervers a admis avoir filmé sa victime sans son consentement pour se masturber plus tard. Il savait que si Emily se réveillait, elle serait énervée.

Mais d’après le CPS, si Emily a eu un rapport sexuel avec cet homme, elle a « par extension » accepté qu’il la voie nue et qu’il la filme. Elle ne pouvait donc « pas prétendre à son droit à la vie privée ». L’affaire semble dès lors absurde, puisqu’Emily estime avoir été violée et n’a consenti à aucun moment…

Désormais, une action a été introduite au nom d’Emily contre le Directeur des Poursuites Publiques pour poursuivre le présumé violeur. Les soutiens politiques et des associations affluent pour aider Emily. Un crowdfunding a d’ailleurs été créé pour finance l’action en justice.

La victime présumée a déclaré : « La seule façon d’éviter que cela n’arrive à qui que ce soit d’autre au Royaume-Uni, c’est de s’assurer que le CPS intente des poursuites dans ce genre d’affaires. Ils ne peuvent pas simplement décider d’ignorer la loi et les conseils du gouvernement lorsqu’ils ont décidé d’adopter celle-ci. »

LA CPS a également tenu à réagir: « Les infractions sexuelles comptent parmi les affaires les plus complexes et les plus difficiles que nous poursuivons. Nous n’hésitons pas à porter une affaire devant les tribunaux lorsqu’il y a suffisamment de preuves et que c’est dans l’intérêt public. Nous ne prenons jamais à la légère la décision d’arrêter une poursuite, car cela peut avoir un impact important sur le plaignant. Mais si une affaire est examinée et qu’il est établi qu’elle n’est pas de notre ressort, nous ne pouvons la poursuivre. »